jeudi , 8 janvier 2026

Notre Château

Auteur: Emmanuel Régniez

Editeur: Le Tripode – 2016 (140 pages)

Lu en novembre 2025

Mon avis: Depuis vingt ans, Octave et Véra vivent en ermites dans leur grande et belle demeure familiale qu’ils appellent « Notre Château ». Octave et Véra ne sont pas mari et femme, Octave et Véra sont frère et sœur, Octave et Véra ne fréquentent jamais le monde extérieur. Il n’y a qu’une seule exception à cet isolement volontaire : le jeudi, Octave se rend à la librairie du centre-ville pour y acheter les livres que Véra désire « ardemment lire ».

Ce jeudi-là, tout se déroulait comme chaque jeudi, jusqu’à ce que tout déraille. Sur le chemin de la librairie, Octave aperçoit sa sœur Véra assise dans un bus de la ligne n° 39. Il n’en croit pas ses yeux, c’est impossible, Véra ne sort jamais et prend encore moins souvent le bus.

De retour au Château, il interroge Véra, qui nie en bloc : c’est impossible, elle ne sort jamais et prend encore moins souvent le bus.

A partir de là, les bizarreries s’enchaînent. Est-ce là le début de la fin du huis clos, l’implosion de la bulle fusionnelle et protectrice, ou bien les choses reviendront-elles à la « normale », et si oui, à quel prix ?

Au fil du récit, le passé d’Octave et Véra se dévoile par bribes : le décès brutal de leurs parents il y a vingt ans, l’acquisition de « Notre Château », la relation ambiguë entre le frère et la sœur, leur amour des livres, leur choix de vivre en reclus.

Des bribes seulement, car Octave, le narrateur, se limite à des allusions, des indices, des ellipses, et laisse le soin au lecteur d’en tirer les déductions qui lui paraîtront logiques.

A supposer que la logique ait quelque chose à faire dans cette histoire. Ou qu’il s’agisse de la logique d’une certaine folie à l’œuvre dans ce « Château », dans lequel règne une atmosphère de fausse innocence, où un vernis de charme et de normalité dissimule des intentions délétères, prêtes à tout pour préserver le cocon, le refuge qu’est « Notre château ».

On croit comprendre, puis on hésite, est-ce flou ou clair comme de l’eau de roche, possible ou insensé, possible ET insensé ?

Avec son ambiance étrange, pesante, glauque, son écriture tout en boucles et répétitions qui le rendent hypnotique, ce roman est un conte cruel, énigmatique, comme un hommage à la littérature gothique.

Présentation par l’éditeur:

Un frère et une soeur vivent reclus depuis des années dans leur maison familiale, qu’ils ont baptisée « Notre château ». Seule la visite hebdomadaire du frère à la librairie du centre ville fait exception à leur isolement volontaire. Et c’est au cours de l’une ces sorties rituelles qu’il aperçoit un jour, stupéfait, sa soeur dans un bus de la ligne 39. C’est inexplicable, il ne peut se l’expliquer. Le cocon protecteur dans lequel ils se sont enfermés depuis vingt ans commence à se fissurer.

Evaluation :

Voir aussi

Vorace

Auteure: Malgorzata Lebda Editeur: Noir sur Blanc – 15 janvier 2026 (272 pages) Lu en …

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.