lundi , 22 juillet 2024

La glaise et la suie – Poèmes

Auteur: Marc Oswald

Editeur: Autoédition – 2021 (116 pages)

Lu en mai 2023

Mon avis: Fin de journée.
Saturée de lois, d’arguments, de codes, de raisonnements, je feuillette et lis au hasard des pages de ce petit recueil bleu.
Certains poèmes ont un sens évident, convoquent des images immédiates qui, miroirs plus ou moins déformants, renvoient (ou pas) le lecteur à sa propre réalité.
D’autres textes sont énigmatiques, leurs mots m’échappent, insaisissables, incompris dans leurs étranges associations.
Métaphores ? Symboles ?
Non. Enfin, je ne crois pas. Et si oui, c’est trop compliqué pour moi, alors c’est non. Et d’ailleurs :
« Non, tu m’interrogeais sur le sens des images
Cherchant sans arrêt le secret de chaque pied…
Foin de sensations, tu ne vois que des textes à clés
Dans des hymnes à nos sens dénués de messages. »

Profane ès poésie, je me force alors à brider ce réflexe mental têtu qui m’épuise à chercher sens et logique à tout et n’importe quoi.
Ici n’est pas le lieu d’analyser, disséquer, décortiquer, juger de la qualité intrinsèque de, mais, comme pour la musique ou un paysage, celui de se laisser embarquer par les sonorités et les images pour que, éventuellement, une émotion affleure.
Des mots, donc, faisceaux de perceptions : de la brume, des ombres et de la lumière, la mer et du bleu, du tourmenté, du charnel, du désenchanté et du temps qui passe, des échappées de subconscient et des instantanés de quotidien, des sourires d’enfants et de la tendresse. Des trains, des larmes, du béton, Waterloo rendue morne par la bataille du confinement, un havane et des croissants aux amandes. Et des signes de ponctuation, ou leur absence, et en tout cas des virgules (en toutes lettres – comprenne qui lira).

Intrigants ou limpides, émouvants parfois, ces poèmes ne cèdent jamais à la facilité ni à la futilité. La plume est travaillée, subtile, et rend compte d’une observation fine et sensible de la réalité et des ressentis.
Une lecture hors de mes sentiers battus, une incursion sinueuse dans un imaginaire riche, généreux et libre.

#LisezVousLeBelge

Présentation par l’auteur:

Donner à voir le réel, quitte à emprunter les voies détournées de l’inconscient, se tenir à l’affût des images qui surgissent, des phrases qui se construisent à notre insu, des mots qui s’entrechoquent… Prêter attention aux paradoxes, interroger le langage, percer l’épaisseur du monde, le corps dressé face au temps qui engloutit…

La glaise et la suie rend compte de cette expérience.

« À l’écart des corps verticaux

Un regard aride et rieur

Jeté à d’autres, rivages

Rêvés que rime la mort

J’étais la lame qui déchire

La rive…

Le couteau au morfil fossile

Poussière triste de métal »

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