Auteure: Malgorzata Lebda
Editeur: Noir sur Blanc – 15 janvier 2026 (272 pages)
Lu en décembre 2025
Mon avis: Quelque part dans les collines boisées du sud de la Pologne, la narratrice est revenue au village. Avec son amie Ann la lumineuse, la jeune femme va désormais s’occuper de sa grand-mère gravement malade, mourante.
Au village de Maj, voraces sont la vie et la mort, et bien malin qui pourrait dire laquelle va l’emporter.
La grand-mère combat sa maladie à coup de vivant, et sa chambre accueille en masse les plantes vertes, le chien, le chat, les insectes, les araignées, et même une colonne de fournis est détournée vers le pied de son lit.
Ailleurs dans la maison, le grand-père, qui ne veut rien savoir de la maladie de sa femme, combat les infirmités de la maison, percluse d’humidité, à coup de peinture, de plâtre et de nouveaux carrelages.
Au dehors, la Nature mène son combat quotidien, l’un est mangé par l’autre pourchassé par celui-là. Cerises, étourneaux, coccinelles, renarde, cervidés, champs et forêts, on s’accommode pour vivre en harmonie.
Mais la Nature se fâche parfois aussi, canicule puis déluge et glissements de terrain. Serait-ce une façon de se venger de l’installation d’un abattoir industriel sur la colline d’en face, gigantesque entaille de béton dans la terre, charriant la mort pour nourrir le vivant ?
Voraces sont la vie et la mort, trouveront-elles un jour un équilibre ? C’est la question qui traverse ce joli premier roman poétique et sensoriel sur le temps qui passe, les saisons, le corps, l’amour et la lumière.
En partenariat avec les Editions Noir sur Blanc via une opération Masse Critique privilégiée de Babelio.
Présentation par l’éditeur:
Traversée par les grands questionnements, les émotions et les douleurs de notre temps, une jeune femme retourne dans le village de son enfance pour prendre soin de sa grand-mère mourante. Avec son amie Ann, qui est une étrangère, elle s’applique à réchauffer le corps et l’esprit de cette femme âgée dont elle vient : gratter, masser, nourrir la peau, apaiser les douleurs, tout en ravivant les souvenirs et l’émerveillement devant le monde. Lire des poèmes, des descriptions d’oiseaux, et, le plus possible, accueillir le vivant, les plantes, les insectes, les petits et les grands animaux, jusque sur le lit. De son côté, le grand-père s’affaire à réparer la maison, qui est un autre corps malade, lui aussi marqué par le passage du temps, lui aussi susceptible de se raconter.
Aux abords du village de Maj, il y a des champs, des renards, des étourneaux, des forêts dans le vent et la neige, et il y a un abattoir industriel qui ne s’arrête jamais.
Avec ce premier roman salué de toutes parts, la poétesse Małgorzata Lebda nous conduit dans la région des Beskides. Elle y dépeint les saisons changeantes, la lumière, les corps, la transmission de femme à femme, l’amour et la beauté fragile de l’existence.

