mardi , 23 juillet 2019
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Invisibles

Auteur: Lucía Puenzo

Editeur: Stock – 10 avril 2019 (224 pages)

Lu en mai 2019

Mon avis: Noms, prénoms ou surnoms : Ismaël, La Enana (la Naine), Ajo (aïl).
Lien de parenté : Ismaël et La Enana sont amants. Ajo est le frère cadet de La Enana.
Profession : cambrioleurs. Les meilleurs de leur quartier du Once à Buenos Aires.
Domicile : un vieux wagon désaffecté.
Âge : respectivement (et approximativement) : 16, 13 et 6 ans.

Oui vous avez bien lu, ces trois voleurs professionnels, capables de dévaliser n’importe quelle villa bien gardée sans se faire prendre, sont des gamins. Des enfants des rues de Buenos Aires. Pas de parents pour s’en préoccuper, pas d’autre adulte ni de toit pour les protéger, donc pas de morale à respecter quand il s’agit de ne pas crever de faim. Nos trois compères, comme d’autres aux mêmes âges, tombent sous la coupe de types comme Guida, ex-flic corrompu devenu agent de sécurité, qui leur attribue leurs missions et leur laisse ensuite une petite part du butin. Entraînés comme des soldats, les enfants sont drillés à ne rien dire au cas où ils tomberaient dans les griffes de la police. Mais ça, c’est vraiment rare, parce qu’ils sont vraiment bons. Tellement, que leur patron les met sur un coup ambitieux en Uruguay, de l’autre côté du Rio de la Plata. Une affaire aussi lucrative que dangereuse. Les enfants l’ont bien compris, mais ils acceptent. Ils se laissent enfermer pour six jours dans un domaine de 60 hectares, fait de forêts, de rivières, de bêtes sauvages et/ou venimeuses, mais qui, surtout, abrite neuf villas luxueuses ultra-protégées par des alarmes, des gardes armés et des chiens hargneux. Il ne faudra pas longtemps pour que les choses dérapent, et le défi n’est pas tant de réussir un seul cambriolage que de sortir vivants de ce cauchemar.

Invisibles sont ces trois enfants, et comme eux des dizaines d’autres, parce que leurs rapines ne laissent aucune trace.
Invisibles aux yeux de la bonne société, qui les laisse croupir dans leurs taudis infects sans lever le petit doigt.
Invisibles aux yeux des riches cambriolés, qui tombent des nues quand par erreur ils se trouvent nez-à-nez avec ces graines de délinquants, médusés par leur jeune âge et leur aplomb.
Invisibles quand ils disparaissent de la circulation une fois devenus inutiles.
Les conditions de vie et le sort de ces gamins sont épouvantables et vous fendent le cœur. Les deux aînés (pourtant pas si vieux) semblent irrécupérables, pourris par la violence, la drogue, l’alcool, l’instinct de survie qui mène à tout. En dépit de leurs actes, ils sont attachants, se témoignant entre eux une loyauté sans faille. Mais des trois, c’est le plus petit, Ajo, qui est le plus touchant. Incroyable comment, à six ans, il obéit à ses aînés au doigt et à l’œil, sans broncher. Un vrai pro, mais qui, quand la tension se relâche ou au contraire devient trop forte, n’arrive pas toujours à brider ce qu’il est toujours au fond de lui, un petit garçon débordant de vie ou terrorisé par l’obscurité. Dans ce roman noir à suspense, Lucía Puenzo donne une voix à ces gamins perdus privés d’enfance. Je me suis un peu égarée dans les descriptions du domaine en Uruguay, mais ce roman est saisissant. Si on était au cinéma, on dirait de ces enfants qu’ils crèvent l’écran.

En partenariat avec les Editions Stock via Netgalley. #Invisibles #NetGalleyFrance

Présentation par l’éditeur:

Ils sont trois. Trois enfants des rues de Buenos Aires. Trois petits voleurs, les meilleurs du quartier du Once. Pour eux, rien n’’est impossible. Ils ont accepté une mission périlleuse en Uruguay. Arrivés sur place, ils déchantent : enfermés dans une propriété de 60 hectares, ils doivent cambrioler neuf villas protégées par des gardiens armés et des chiens. Pour sortir vivants de cette prison dorée, ils n’’ont qu’’une option : réussir.
Dans ce roman aux allures de thriller, Lucía Puenzo expose la part d’’ombre de l’’Argentine et le destin bouleversant de ces enfants, devenus invisibles aux yeux de la société.

 

Evaluation :

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2 commentaires

  1. Avatar

    Une lecture remuante qui doit laisser un souvenir pesant… nos petits « héros » nous émeuvent toujours.

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