mercredi , 4 février 2026

La dernière nuit

Auteure: Odile d’Oultremont

Editeur: Julliard – 15 janvier 2026 (224 pages)

Lu en janvier 2026

Mon avis: Enfants, Abel et Nikki sont les meilleurs amis du monde, malgré leur différence de milieu social. Lui, le fils du comte des lieux, aristocrate nanti, elle, la fille des fermiers voisins qui triment pour faire tourner leur exploitation. Nikki déteste ce milieu agricole et rural, jusqu’au jour où Abel le lui fait voir avec ses yeux à lui, émerveillés par la nature, la douceur des animaux, leur authenticité. Une révélation pour Nikki, qui la conduira à reprendre la ferme plus tard.

A l’adolescence, leurs chemins se séparent. Abel part étudier dans un internat chic en Angleterre, Nikki reste et s’investit dans la ferme.

Jeunes adultes, ils se retrouveront de façon dramatique, sur les bancs d’un tribunal. A l’occasion d’un de ses rares retours au château, Abel, ivre, prend un fusil et part se balader en pleine nuit. Par jeu (stupide), il abat une vache appartenant à Nikki.

La sentence judiciaire conclut à la destruction d’un objet ou d’un outil de travail, ou quelque chose comme ça, et Abel s’en tire à bon compte. Pour Nikki, c’est loin d’être suffisant. Folle de rage face à cette injustice et à la trahison de la confiance et de l’amitié qu’elle avait vouées à Abel pendant leur enfance, elle met au point un plan pour se venger.

Ce sera lors d’une autre nuit, la dernière, que cette vengeance sera consommée, au cours d’un procès tenu dans une vieille grange, où l’accusation sera menée par Nikki, entourée de ses amis.

Pour eux, la culpabilité d’Abel ne fait aucun doute, mais comment rendre la justice, comment réparer ? Œil pour œil, clémence méprisante, circonstances atténuantes pour le pauvre petit comte névrosé ? En l’espace de quelques heures, les certitudes de Nikki vacillent…

L’atmosphère de ce roman est pesante, chargée de colère et de rancune causées par une trahison inconcevable. L’écriture rend bien les sentiments et la complexité des personnages, mais tout cela me laisse perplexe : est-ce vraisemblable, ou excessif ?

Quoi qu’il en soit, ce roman interroge sur le patriarcat, l’appartenance de classe, le spécisme, la décision, la possibilité, la moralité de se faire justice à soi-même.

En partenariat avec les Editions Julliard via Netgalley.

#LaDernièrenuit #NetGalleyFrance #LisezVousLeBelge

Présentation par l’éditeur:

« Tu connais mon histoire, forcément tu la connais. C’est la tienne aussi.

Peu importe ce que tu en penses, je te la raconte quand même. De notre rencontre jusqu’à ce jour où elle se terminera. J’ignore comment.

Vois ça comme une défiance. De la justice et de ses égarements. Prends mes mots comme un plaidoyer et mes intentions comme l’exécution d’un juste châtiment. »

Une nuit d’ivresse, un coup de feu, une vache abattue : le geste impardonnable d’un homme, le comte Abélard de Hesbaye.

Des années plus tard, alors que la justice a depuis longtemps détourné le regard, débute la revanche des oubliés. Dans une grange isolée, Nikki, l’agricultrice trahie, fait comparaitre son bourreau, jadis ami.

Se déroule alors un autre procès, plus intime, plus implacable, enraciné dans un terreau social contrasté et mû par la nécessité d’une femme et de toute une communauté de se faire justice soi-même. Au risque de s’y perdre ?

Tragédie sociale, La Dernière nuit est un roman haletant qui oscille entre vengeance et réparation en interrogeant des questions très actuelles, parmi lesquelles : le spécisme et les dérives du patriarcat.

Evaluation :

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