Auteure: Samanta Schweblin

Editeur: Grasset – 18 mars 2026 (150 pages)
Lu en avril 2026
Mon avis: Recueil de six nouvelles qui mettent en scène des personnages au bord du gouffre : depuis longtemps ils ont accumulé dépression, culpabilité, deuil, remords, regrets, ils sont au bout de ce qu’ils peuvent. Les situations sont douloureuses et la joie de vivre absente. Dans l’anonymat de leur esprit, ils hurlent en silence, les uns leur besoin de tendresse et de compassion, les autres celui d’être pardonné ou d’être utile.
On les découvre chacun dans un moment de grande fragilité, un moment où l’inexplicable, l’inquiétant, surgit dans leur vie, et les laisse déstabilisés, impuissants, avant, parfois, de les remettre en mouvement vers un brin d’espoir ou dans une fuite en avant.
La tonalité de ces récits est globalement sombre, mais le talent de conteuse de l’auteure rend ces textes captivants. Sa plume instaure une tension inconfortable, une ambiance teintée de symbolisme, étrange, hypnotique, elliptique. Des textes subtils qui ne s’épuisent probablement pas à la première lecture.
En partenariat avec les Editions Grasset via Netgalley.
#Lebonmal #NetGalleyFrance
Présentation par l’éditeur:
Une mère s’installe dans sa cuisine avec ses filles, malgré l’odeur de vase du lac où elle a tenté de se noyer ; une architecte argentine reconnaît un petit garçon disparu dans l’œil d’un cheval maltraité ; un père n’arrive plus à soutenir le regard de son fils qui, après avoir avalé une pile, a dû subir une trachéotomie ; une femme héberge la patiente d’une maison de retraite en fugue, avant de se faire séquestrer par le fils de cette dernière… Autant de situations de non-retour où le bien et le mal sont inextricablement liés. Fragiles, les personnages de ces histoires sont saisis à l’instant où l’étrangeté fait irruption dans leur vie — laissant les uns face à la douleur, les autres aux prises avec la culpabilité, et pour tous un besoin de tendresse plus puissant que jamais.
La prose de Schweblin, tout en tension, forme un univers où les monstres du quotidien nous observent de si près qu’on croirait sentir leur souffle. Plongeant le lecteur dans un état d’alerte aussi troublant qu’hypnotique, Le bon mal est une expérience de lecture inoubliable.

