jeudi , 8 juin 2023

Danser sur des débris

Auteur: Chris Kraus

Editeur: Belfond – 20 avril 2023 (224 pages)

Lu en avril 2023

Mon avis: Trentenaire, Jesko est un styliste excentrique, auquel le succès ne sourit que fort peu.
Très tôt, il a quitté son environnement familial pour Berlin, pour y vivre sa vie sans trop se préoccuper des convenances et contraintes sociales.
Désormais atteint de leucémie et dépendant d’un don de moelle osseuse, il n’a pas pour autant l’intention de changer de mode de vie. Jusqu’à ce que son père intervienne et le convoque dans la luxueuse villa familiale. Il lui annonce avoir retrouvé sa mère, aux abonnés absents depuis 20 ans, et qui pourrait bien être la seule à être une donneuse compatible.
Tout est bien qui finit bien ? Loin de là, ce serait plutôt que tout commence à peine, et plutôt mal : la mère de Jesko est une épave, alcoolique au cerveau dérangé, et Jesko n’est pas certain de vouloir lui être redevable ad vitam, vu ce qu’elle leur a fait subir, à lui et à son frère, pendant leur enfance.

Ces retrouvailles entre Jesko et sa mère sont l’occasion pour le lecteur de faire connaissance avec les autres membres de cette famille riche et bourgeoise qui tient par-dessus tout à sauvegarder son apparence lisse et parfaite, mais qui peine à cacher sous le vernis ses secrets plus ou moins honteux.

« Danser sur des débris » est un roman tragico-baroque dont l’amertume est quelque peu adoucie par l’ironie et l’autodérision de Jesko, qui fait preuve de la même sérénité et du même détachement que Sénèque, son maître à penser. Du moins jusqu’à ce qu’il balance rageusement un de ses livres dans un lac en l’accusant d’hypocrisie et d’inconséquence.
Un roman sur l’héritage, la transmission, sur les secrets de famille qui pèsent sur les générations suivantes, sur les faux-semblants, sur l’honnêteté envers les autres et surtout envers soi-même. Une tragi-comédie humaine brève et plutôt captivante.

En partenariat avec les Editions Belfond via Netgalley. #ChrisKraus #NetGalleyFrance

Présentation par l’éditeur:

Après le choc de La Fabrique des salauds, Chris Kraus continue de se confronter à son héritage. Drôle et tragique, un roman qui porte en lui l’élégance de la légèreté pour parler de la mort, de la vie et de ce cocon explosif qu’est la famille.
De l’avis de tous, et surtout de ses proches, Jesko est un excentrique. Parti très tôt de son village natal pour mener la vie dont il rêvait à Berlin, ce jeune styliste au look volontiers baroque rejette les normes sociales tout autant que les contraintes. Après tout, pourquoi s’obstiner à vouloir entrer dans le moule quand on se sait condamné par une leucémie ?
Mais un élément perturbateur va venir freiner sa belle fuite en avant. Contre toute attente, sa mère se porte volontaire pour lui faire un don de moelle osseuse.
Vivre et lui être redevable éternellement ? Ou accepter sa mort prochaine en réglant ses comptes avec les siens ?
Tel sera le choix de Jesko…

Evaluation :

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