mercredi , 21 février 2024

Impossibles adieux

Auteure: Han Kang

Editeur: Grasset – 23 août 2023 (336 pages)

Lu en juillet 2023

Mon avis: Un jour de décembre à Séoul, Gyeongha, la narratrice, reçoit un message d’Inseon, une amie perdue de vue depuis quelques années. Celle-ci a été amenée d’urgence dans un hôpital de la capitale après s’être sectionné deux doigts en coupant du bois. Inseon demande à Gyeongha de lui rendre un service : aller nourrir son perroquet blanc, qui à défaut risque de mourir de faim dans les 24 heures. Le problème étant que le domicile d’Inseon se trouve dans un tout petit village isolé à plusieurs heures d’avion et de bus de Séoul, et qu’une violente tempête de neige vient de se déclarer…

Quel étrange roman, à la fois onirique et ancré dans la réalité la plus cruelle, celle d’un épisode terrible de l’histoire de la Corée du Sud qui s’est déroulé en 1948-1949, et au cours duquel des milliers de civils ont été massacrés par l’armée, pour la seule raison qu’ils étaient communistes.
L’intention de l’auteure de rendre hommage à ces victimes oubliées et de (re)mettre en lumière cette triste page d’histoire est bien entendu tout à fait louable. Mais fallait-il pour autant que la trame soit aussi complexe ? Je me suis perdue dans les ellipses du roman : lorsque, comme moi (et sans doute d’autres lecteurs occidentaux), on manque de connaissances sur l’histoire coréenne, il est difficile de comprendre de quels faits historiques il est question sans recourir à Internet. Par ailleurs, j’ai trouvé gênant le manque de repères temporels et confuse la généalogie d’Inseon. Je n’ai pas non plus vraiment compris les raisons de la débâcle psychique et familiale de la narratrice. Quant au flou et au dédoublement entre rêve et réalité, il m’a laissée sur ma faim puisqu’il n’est finalement pas résolu, ce qui m’a donné l’impression que l’auteure ne savait pas comment terminer son histoire.
L’écriture est poétique et délicate, mais pour moi le fil narratif est inutilement sophistiqué. La simplicité et la sobriété n’empêchent pas la force et la beauté.

En partenariat avec les Editions Grasset via Netgalley.

#Impossiblesadieux #NetGalleyFrance

Présentation par l’éditeur:

Comme un long songe d’hiver, ce nouveau roman de Han Kang nous fait voyager entre la Corée du Sud contemporaine et sa douloureuse histoire.
Un matin de décembre, Gyeongha reçoit un message de son amie Inseon. Celle-ci lui annonce qu’elle est hospitalisée à Séoul et lui demande de la rejoindre sans attendre. Les deux femmes ne se sont pas vues depuis plus d’un an, lorsqu’elles avaient passé quelques jours ensemble sur l’île de Jeju. C’est là que réside Inseon et que, l’avant-veille de ces retrouvailles, elle s’est sectionné deux doigts en coupant du bois. Une voisine et son fils l’ont trouvée évanouie chez elle, ils ont organisé son rapatriement sur le continent pour qu’elle puisse être opérée de toute urgence. L’intervention s’est bien passée, son index et son majeur ont pu être recousus, mais le perroquet blanc d’Inseon n’a pas fait le voyage avec elle et risque de mourir si personne ne le nourrit d’ici la fin de journée. Alitée, elle demande donc à Gyeongha de lui rendre un immense service en prenant le premier avion à destination de Jeju afin de sauver l’animal.
Malheureusement, une tempête de neige s’abat sur l’île à l’arrivée de Gyeongha. Elle doit à tout prix rejoindre la maison de son amie mais le vent glacé et les bourrasques de neige la ralentissent au moment où la nuit se met à tomber. Elle se demande si elle arrivera à temps pour sauver l’oiseau d’Inseon, si elle parviendra même à survivre au froid terrible qui l’enveloppe un peu plus à chacun de ses pas. Elle ne se doute pas encore qu’un cauchemar bien pire l’attend chez son amie. Compilée de manière minutieuse, l’histoire de la famille d’Inseon a envahi la bâtisse qu’elle tente de rejoindre, des archives réunies par centaines pour documenter l’un des pires massacres que la Corée ait connu – 30 000 civils assassinés entre novembre 1948 et début 1949, parce que communistes.
Impossibles adieux est un hymne à l’amitié, un éloge à l’imaginaire, et surtout un puissant réquisitoire contre l’oubli. Ces pages de toute beauté forment bien plus qu’un roman, elles font éclater au grand jour une mémoire traumatique enfouie depuis des décennies.

Evaluation :

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