jeudi , 18 avril 2024

La première femme

Auteure: Jennifer Nansubuga Makumbi

Editeur: Métailié – 1er mars 2024 (544 pages)

Lu en mars 2024

Mon avis: Ouganda, 1975, sous la dictature d’Idi Amin Dada.

A douze ans, Kirabo vit au village, élevée par ses grands-parents paternels. Peu après sa naissance, la mère de Kirabo s’est volatilisée, et son père, qui travaille en ville, ne revient que sporadiquement auprès des siens.

En grandissant, Kirabo se pose de plus en plus de questions sur sa mère, mais personne ne veut lui répondre. Elle décide d’en avoir le coeur net et, en cachette, va consulter Nsuuta, la sorcière aveugle.

Voilà pour le point de départ de ce long, long, long, roman de 540 pages. Pour le reste, on suit Kirabo dans son parcours scolaire, au village d’abord, puis dans un internat pour jeunes filles en ville, à ce moment du passage délicat de l’enfance à l’âge adulte où l’on découvre les sentiments et le désir amoureux. Au milieu du récit, on quitte temporairement la jeune fille pour remonter 40 ans en arrière et plonger dans l’histoire de la relation entre la grand-mère de Kirabo et Nsuuta, avant de revenir à Kirabo en quête de traces de sa mère.

Ce roman est donc centré sur la question de savoir comment devenir/être femme en Ouganda, société alors éminemment patriarcale, dominée par le poids des traditions claniques (« On lui avait dit et répété qu’avec sa beauté, elle n’avait pas besoin d’éducation. L’éducation était destinée aux filles laides, pour leur donner de la valeur »).

Ce thème m’intéressait, d’autant plus dans un roman d’une auteure ougandaise (je n’avais encore rien lu en provenance de ce pays), et dans le contexte d’une dictature particulièrement fantasque et cruelle.

Et pourtant je me suis ennuyée dans cette lecture. J’ai trouvé le style très bavard, fourmillant de détails et de descriptions dispensables, le rythme trop lent ou trop rapide. Quant à Kirabo, je l’ai trouvée trop peu incarnée et ne suscitant pas l’empathie. Cela manque également de mise en contexte socio-politique : le système de clans n’est abordé qu’incidemment, et les événements politiques (notamment la fin de règne d’Amin Dada et la guerre contre la Tanzanie) sont expédiés en quelques pages, presque anecdotiques. Beaucoup de mots ne sont pas traduits et le sens de certains n’est pas toujours simple à déduire du reste du texte. Seule l’histoire de la grand-mère et de Nsuuta est touchante, à condition de passer outre l’invraisemblance de leur « pacte » de jeunesse.

En bref, les ingrédients étaient là, mais pour moi la sauce n’a pas pris, je suis passée à côté de ce roman.

En partenariat avec les Editions Métailié.

Présentation par l’éditeur:

Comment devient-on une femme quand on ne sait pas qui est sa mère ?
Nous sommes en 1975, sous l’ubuesque dictature d’Idi Amin Dada. La jeune Kirabo a été élevée par ses grands-parents en Ouganda, personne ne veut lui dire qui est sa mère. Têtue et volontaire, elle décide de chercher la vérité et d’interroger Nsuuta la sorcière.
Avec un style à la fois épique et profondément intime, drôle et émouvant, Jennifer Nansubuga Makumbi restitue le surréalisme de la vie quotidienne dans une période imprévisible et absurde. Elle explore avec brio les mythes sur la maternité et comment la sagesse féminine du passé irrigue le présent et le futur. À travers la légende de la Première Femme, elle nous montre comment les sociétés se fondent dans la fabrication des mythes mais aussi dans leur transformation.
Entre folklore et féminisme moderne, cette histoire ouvre de nouveaux mondes au lecteur.

Evaluation :

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