jeudi , 18 avril 2024

Le chagrin des vivants

Auteure: Anna Hope

Editeur: Gallimard – 2016 (400 pages)/Folio – 2017 (432 pages)

Lu en mars 2024

Mon avis: Novembre 1920. Quelque part dans le nord de la France, les autorités s’affairent à exhumer la dépouille d’un soldat britannique anonyme, tombé sur le front de la Grande Guerre. Un plouc lambda, futur Soldat Inconnu, dont les restes sont précautionneusement déposés dans un cercueil, pour être transportés en grande pompe à Londres en vue des commémorations du 11 Novembre (je ne m’attarderai pas sur la monstrueuse hypocrisie des gouvernements qui consiste à honorer, la main sur leur coeur patriote, les cadavres des « morts pour la patrie » après les avoir envoyés sans aucun état d’âme se faire massacrer dans les tranchées. C’est une autre histoire, encore que…).

Pendant ce temps, à Londres précisément, on suit trois femmes qui ne se connaissent pas mais dont le point commun est d’être empêtrées dans le deuil et la solitude. Chacune vit avec la perte d’un homme, fils, fiancé, frère, ou dans le drame de ce qu’il est devenu, traumatisé, estropié, fantôme.

« Le chagrin des vivants » porte bien son titre, roman sur l’après-guerre racontant le sort et les difficultés de ceux (et surtout celles) qui restent, des femmes qui ont perdu un être cher, des hommes qui ont perdu une part d’eux-mêmes.

Anna Hope s’y entend pour captiver et toucher le lecteur, et pour installer une atmosphère. Son écriture est fluide, classique, et la structure du roman l’est aussi, qui passe d’un fil narratif à un autre, parfois trop rapidement d’ailleurs : à peine le temps de s’installer avec un personnage qu’on le quitte pour s’occuper d’un autre, ce qui m’a frustrée à plusieurs reprises.

Un roman sur la souffrance, le deuil, la perte, et la vie, ou la survie, qui va avec. Assez convenu et prévisible (même si heureusement on échappe à un happy end mièvre), il se termine sur une note d’espoir mélancolique.

Présentation par l’éditeur:

Durant les premiers jours de novembre 1920, l’Angleterre attend l’arrivée du Soldat inconnu, rapatrié depuis la France pour une cérémonie d’hommage. À Londres, trois femmes vivent ces journées à leur manière. Evelyn, dont le fiancé a été tué et qui travaille au bureau des pensions de l’armée ; Ada, qui ne cesse d’apercevoir son fils pourtant tombé au front ; et Hettie, qui accompagne tous les soirs d’anciens soldats sur la piste du Hammersmith Palais pour six pence la danse. Dans une ville peuplée d’hommes mutiques, rongés par les horreurs vécues, ces femmes cherchent l’équilibre entre la mémoire et la vie. Et lorsque les langues se délient, les coeurs s’apaisent.

Evaluation :

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