vendredi , 13 février 2026

Les nouveaux esclavagistes

Auteure: Barbie Latza Nadeau

Editeur: Grasset – 4 février 2026 (360 pages)

Lu en février 2026

Mon avis: Dans ce document, l’auteure, journaliste d’investigation pour CNN et basée en Italie, rend compte de ses enquêtes et recherches sur la traite des êtres humains.

La traite est un business criminel très juteux, contre lequel les autorités ne peuvent apparemment pas grand-chose à grande échelle. Les divers gangs et mafias à travers le monde s’en mettent plein les poches en presque parfaite impunité, qu’il s’agisse de gérer le passage des migrants d’une rive à l’autre de la Méditerranée ou de la Manche, de trafic d’organes ou d’enfants via des adoptions ou des GPA illégales, d’exploitation pour le commerce sexuel ou le travail saisonnier ou domestique.

Cela fonctionne parce que les victimes sont désespérées, à la recherche d’une vie meilleure, et dès lors vulnérables à tous les rackets.

Cela fonctionne parce que, une fois aux mains des trafiquants, elles sont coincées, isolées, leurs papiers confisqués, leur dignité voire leur humanité annihilée, et qu’elles ne savent pas comment en sortir, et qu’à supposer qu’elles y arrivent, elles ne portent pas plainte par crainte de représailles, d’emprisonnement ou d’expulsion vers leur pays d’origine.

Cela fonctionne parce que les banques ne sont pas très regardantes sur les flux financiers qui alimentent leur trésorerie, parce qu’il n’y a pas de réelle volonté politique de s’attaquer à ce fléau de manière transnationale, parce que des enseignes de luxe ou de fast fashion ferment les yeux sur le travail d’enfants exploités par leurs fournisseurs à l’autre bout du monde.

Parce qu’il y a trop d’argent en jeu.

Cela fonctionne parce que nous, consommateurs fainéants, devrions mieux lire les étiquettes des vêtements que nous achetons trop souvent et éviter les made in PRC, Cambodia ou Bangladesh.

La traite des êtres humains est un fléau innommable et il faut en parler, le dénoncer, voire tenter d’y faire quelque chose à notre petit niveau. Il me semble cependant que ce livre enfonce des portes ouvertes. Riche en chiffres, statistiques et histoires individuelles, il est un peu brouillon et répétitif. Au final, il ne m’a pas appris grand-chose, et ne propose rien de très original. Sans doute est-ce un signe de l’impuissance générale face à ce phénomène criminel qui brasse des milliards.

En partenariat avec les Editions Grasset via Netgalley.

#Lesnouveauxesclavagistes #NetGalleyFrance

Présentation par l’éditeur:

La traite des êtres humains s’est imposée depuis plusieurs années comme l’industrie criminelle à la croissance la plus fulgurante. L’économie clandestine qui l’alimente demeure pourtant largement méconnue et mal comprise, alors même qu’elle imprègne notre quotidien – des vêtements que nous portons aux salons de beauté que nous fréquentons, jusqu’aux fruits et légumes que nous consommons.

Avec À corps perdus, la journaliste d’investigation Barbie Latza Nadeau lève le voile sur ce réseau tentaculaire. Des côtes de la Méditerranée à celles de la Manche, de l’Ukraine à la Thaïlande, elle dissèque les rouages financiers de cette machine mondiale et explore ses versants les plus obscurs comme le commerce sexuel, l’exploitation domestique ou le trafic d’organes. Son enquête dépasse le portrait classique des criminels identifiés – passeurs, proxénètes et mafias – pour révéler les complicités institutionnelles qui permettent au système de prospérer : banques, maisons de couture et gouvernements préfèrent bien souvent fermer les yeux.

En racontant les histoires singulières de victimes et en invitant le lecteur à réfléchir à sa propre responsabilité, Barbie Latza Nadeau place l’humain au centre de son récit et nous rappelle que derrière ces parcours migratoires, on trouve des corps réduits à l’état de marchandises par une économie souterraine mais bien réelle, au cœur de notre mode de vie contemporain. Un document inédit et bouleversant.

Evaluation :

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