jeudi , 8 janvier 2026

Ni d’Eve ni d’Adam

Auteure: Amélie Nothomb

Editeur: Albin Michel – 2007 (252 pages)/Le Livre de Poche – 2009 (192 pages)

Prix de Flore 2007

Lu en novembre 2025

Mon avis: Dans la chronologie des romans autobiographiques d’Amélie Nothomb, celui-ci précède tout juste « Stupeur et tremblements ». Dans « Ni d’Eve ni d’Adam », Amélie, la petite vingtaine, revient au Japon, son premier amour, en 1989, après y avoir passé quelques années de son enfance.

Pour améliorer sa connaissance de la langue japonaise, elle décide de donner des cours de français. C’est ainsi qu’elle rencontre Rinri, jeune homme étudiant à l’université et issu d’une famille riche. Au fil des leçons, leur relation évolue, et élève et professeure deviennent amants. Rinri semble suivre à la lettre le manuel de séduction du parfait amoureux japonais, emmenant Amélie dans tous les endroits considérés romantiques, avant de la demander en mariage quelques mois plus tard. C’est à ce moment qu’Amélie réalise vraiment que si Rinri est amoureux d’elle, la réciproque n’est pas vraie. Elle n’est pas Japonaise, et la technique de Rinri ne fonctionne donc pas : elle l’aime « beaucoup » ou « bien », mais elle ne peut pas dire qu’elle l’aime tout court. Le comble, c’est que Rinri n’apprécie pas les jeunes femmes japonaises parce qu’elles manquent de spontanéité et de naturel et est au contraire attiré par la fantaisie d’Amélie, mais qu’il ne s’est pas rendu compte que celle-ci ne laisserait pas enfermer dans ce moule classique. Le pauvre n’y voit que du feu (l’amour rend aveugle), il faut dire à sa décharge qu’Amélie tient drôlement bien son rôle de fiancée, tant elle craint de blesser Rinri. Mais pas au point tout de même de se laisser épouser par quelqu’un qu’elle aime seulement « beaucoup »…

Entre les scènes cocasses ou carrément hilarantes, Amélie Nothomb évoque aussi le Japon et les Japonais, l’importance de l’ascension du Mont Fuji, le culte de la performance et de la perfection, la pression scolaire, sociale, professionnelle, la dignité, la bienséance, le tact, les codes de la société nippone.

Un roman drôle et émouvant, avec (pour une fois) une très belle fin.

Joyeux Noël à toutes et tous!

#LisezVousLeBelge

Présentation par l’éditeur:

Stupeur et tremblements pourrait donner l’impression qu’au Japon, à l’âge adulte, j’ai seulement été la plus désastreuse des employés. Ni d’Eve ni d’Adam révélera qu’à la même époque et dans le même lieu, j’ai aussi été la fiancée d’un Tokyoïte très singulier.

Evaluation :

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