samedi , 4 avril 2026

Petite pluie

Auteur: Garth Greenwell

Editeur: Grasset – 21 janvier 2026 (320 pages)

Lu en mars 2026

Mon avis: Iowa City, fin août 2020. Le narrateur se tord de douleur sur le sol de sa cuisine. Intoxication alimentaire, se dit-il, ça va passer. Mais ça ne passe pas. Quelques jours plus tard, il finit par se rendre aux urgences, où on lui diagnostique un grave accident cardio-vasculaire. Une déchirure de l’aorte chez un quarantenaire, cela surprend les médecins, autant que le fait que le narrateur soit toujours vivant malgré les cinq jours qu’il a passés chez lui à attendre que ça passe.

En pleine pandémie de covid, notre homme devient une curiosité médicale, et des spécialistes tous azimuts défilent dans sa chambre, multipliant les poses de cathéter, les scanners et autres prises de sang et contrôles de la tension artérielle.

Pendant que le corps médical s’évertue (s’amuse, dirait-on presque) à chercher la cause de cette pathologie, le narrateur tente de se protéger de l’angoisse morbide qui l’étreint en se réfugiant dans ses souvenirs et dans la poésie. Prof de littérature à l’université, il est en couple depuis 7 ans avec L., un poète espagnol également professeur, avec qui il vient d’acheter une maison qui a un grand besoin d’être rénovée. Alité, relié à des perfusions et des machines, il attend impatiemment les visites de son amoureux comme autant d’effluves enivrants du monde extérieur qu’il a hâte de retrouver.

« Petite pluie » est ainsi un monologue intérieur dans lequel le narrateur retrace la dizaine de jours passés à l’hôpital, entre négligence de certains soignants et empathie de certaines autres, tâtonnements des médecins et distanciation covidienne. Il traverse cette épreuve en s’accrochant à l’amour, à la beauté d’un arbre ou d’un poème, à l’harmonie de quelques notes de musique, ou en croquant un chips et en se remémorant ses déboires de nouveau propriétaire d’une maison pleine de vices cachés.

Un roman (autobiographique?) sur la peur de la mort, l’envie de vivre, la fragilité de l’amour, des corps, de la beauté. Il y a quelques longueurs et peut-être un peu trop de cérébralité, mais le texte est beau, sensible, très humain.

En partenariat avec les Editions Grasset via Netgalley.

#Petitepluie #NetGalleyFrance

Présentation par l’éditeur:

Après avoir ausculté l’anatomie du désir dans Pureté (Grasset, 2021), le grand écrivain américain Garth Greenwell nous raconte ici la quête de tendresse d’un corps souffrant.

Écrit à la première personne, Petite pluie commence par l’accident cardio-vasculaire du narrateur à la fin de l’été 2020, suivi de son hospitalisation pendant une dizaine de jours. Professeur de littérature à l’université de l’Iowa, il partage sa vie depuis sept ans avec L., un poète espagnol avec qui il vient d’acquérir une maison à restaurer – leur futur havre de paix. Mais l’infarctus dont ils ne reconnaissent pas immédiatement les symptômes va bouleverser leur quotidien à présent suspendu entre la vie et la mort, le couple subissant l’errance médicale, la négligence des soignants et la distanciation sociale pendant la pandémie.

Pourtant, c’est la quête permanente de lumière, façonnée par l’amour, l’art et les souvenirs, qui habite les pages de ce roman. À la manière dont son corps est perfusé, scanné et surveillé par les machines, le narrateur scrute son passé pour y retrouver la joie et le réconfort des vies ordinaires. La majesté d’un arbre, la saveur d’une chips, la douceur d’un surnom ou encore un poème de George Oppen lui permettent de s’évader un instant de sa chambre d’hôpital pour se réfugier dans la littérature, promesse d’un bonheur bientôt retrouvé.

Porté par des phrases minutieusement ciselées et une langue envoûtante, Petite pluie est un magnifique roman sur la vulnérabilité des corps et la force de l’amour.

Evaluation :

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