Auteur: Hubert Haddad
Editeur: Zulma – 2011 (170 pages)/Folio – 2013 (192 pages)
Lu en novembre 2025
Mon avis: Il y a Alam, à Paris, seul sur un quai de gare. Il a environ douze ans, vient d’Afghanistan, réchappé, rescapé de la guerre. Embarqué dans un centre d’accueil pour mineurs étrangers isolés, il se voit offrir une langue, une éducation, un métier, un avenir. Méfiant, Alam n’en a que faire, il prend la poudre d’escampette, et sa vie chaotique recommence au sein d’un gang de trafiquants en tous genres.
Parce que avant cela, il y a eu Alam, en Afghanistan. D’abord avec sa famille à la campagne, à cultiver le pavot. Puis en ville, après la destruction de son village lors d’un conflit violent entre trafiquants d’opium et rebelles revendiquant leur part de la récolte annuelle. Son père victime d’un AVC, son frère aîné embrigadé par les talibans. Presque par hasard, par erreur, Alam aussi est enrôlé, et sa vie d’enfant-soldat commence, puis se termine dans un combat contre les Américains. Laissé pour mort par ses frères d’armes, il est finalement secouru par un hélicoptère canadien.
Entre les deux, il y a l’errance clandestine qui l’emmène de Kaboul à Paris en passant par les égouts de Rome. Le cauchemar aurait pu s’arrêter à plus d’une reprise, mais Alam ne saisit pas les mains qu’on lui tend, incapable de communiquer, de s’adapter, de se couler dans un moule, de ne pas être libre – quitte à en payer le prix fort.
Des champs de pavot afghans aux héroïnomanes occidentaux, la vie d’Alam n’est qu’exploitation, oppression, déshumanisation.
Pourtant, malgré tout ce qu’il endure, je ne suis pas parvenue à m’attacher à cet enfant trop insaisissable, trop mutique. Peut-être est-ce l’intention de l’auteur : nous renvoyer le fait que nous, Occidentaux chanceusement nés, ne pouvons/voulons comprendre ou nous intéresser réellement au sort des migrants clandestins tels Alam.
En entrecroisant le fil afghan et le fil parisien, Hubert Haddad veut établir un parallèle entre les deux parcours, mais cela manque de fluidité, et parfois on s’y perd. J’aurais aimé que l’auteur approfondisse le thème des enfants-soldats et leur psychologie. Son style, poétique et lyrique, ne me plaît pas plus que cela, et ce roman très dur et malheureusement réaliste ne m’a pas vraiment convaincue.
Présentation par l’éditeur:
C’est l’histoire d’Alam. Celle d’un petit paysan afghan, pris entre la guerre et le trafic d’opium. À travers ses yeux, nous découvrons les choix terribles qui s’imposent à l’enfant soldat. À travers ses aventures d’immigré clandestin, nous sont dévoilés dans toute leur absurde crudité les chemins de la drogue, du producteur de pavot à l’héroïnomane parisien.
Hubert Haddad nous offre un livre coup de poing. En poète, en homme libre, il sait que la littérature seule peut approcher la tragédie. Dernier fleuron d’une oeuvre encensée par le public et la critique, Opium Poppy résonne d’un lyrisme haletant, celui de l’urgence de l’engagement.

