mercredi , 4 mars 2026

Ciel noir, coeurs battants

Auteure: Sarah Louise Butler

Editeur: Phébus – 5 février 2026 (250 pages)

Lu en février 2026

Mon avis: Rufous Flanagan n’a pas encore 50 ans mais il est déjà atteint d’une maladie neuro-dégénérative qui détruit sa mémoire à petit feu.

Alors que d’autres incendies, gigantesques, ravagent les forêts canadiennes, Rufous, avant l’oubli définitif, a voulu donner rendez-vous une dernière fois à ses frère et sœurs dans la cabane où ils se sont cachés pendant quelques mois durant leur enfance, se nourrissant de myrtilles et de donuts, hors de portée des adultes et des services d’aide à l’enfance.

Si ses aînés s’y rendent en voiture, Rufous a décidé de se lancer un dernier défi : rejoindre la cabane à pied. Il entreprend alors un périple de plusieurs jours, sac au dos, sur les sentiers isolés des montagnes de Colombie-Britannique. Le trek est évidemment compliqué par sa mémoire de plus en plus défaillante, mais si Rufous a peu de souvenirs des dernières années, ceux qu’il garde de son enfance et de son adolescence sont plutôt précis et le portent le long du chemin. En quête de mémoire et de retrouvailles, Rufous, technicien cartographe spécialisé dans le recensement des espèces en voie de disparition, fouille non seulement dans sa tête, mais écoute et observe également le monde vivant et sauvage qui l’entoure. Un craquement de branche, une ourse avec ses petits, des nuages de cendres qui voilent le ciel, la nature dans laquelle il avance peut certes être hostile, mais pas seulement…

Au fil du voyage, les souvenirs affluent, réels, reconstruits ou rêvés, peut-être, et recomposent le puzzle d’une existence dont de nombreuses pièces sont désormais manquantes. Subsiste, et c’est peut-être l’essentiel, la certitude d’une enfance heureuse malgré tout et d’un lien très fort – de ceux dont on rêve – avec sa fratrie.

A travers l’odyssée d’un homme à la mémoire et à l’identité en perdition, il me semble que l’auteure a également voulu poser le constat d’un monde vivant lui aussi menacé de disparition. Une mémoire, une espèce qui s’éteint, et c’est une part de savoir, de connaissance, d’humanité qui part avec elle, une transmission qui n’aura plus lieu.

« Ciel noir, cœurs battants » est un très beau roman, aux personnages très attachants, sensible et mélancolique, très émouvant, qui fait en partie écho au « Chant des forêts », le tout aussi magnifique film documentaire de Vincent Munier.

En partenariat avec les Editions Phébus via Netgalley.

#Cielnoircœursbattants #NetGalleyFrance

Présentation par l’éditeur:

Lettre d’amour à un monde en sursis, Ciel noir, cœurs battants nous emmène à la recherche du temps perdu et d’une identité fracturée. Et réaffirme avec mélancolie la puissance des liens, familiaux ou choisis.

Rufous Flanagan, cartographe spécialisé dans le recensement des espèces en voie d’extinction, est lui-même sur le point de disparaître. Atteint d’une démence précoce qui s’attaque irrémédiablement à sa mémoire, il se lance un défi: revoir une dernière fois ses frères et sœurs, mais aussi, avant de l’avoir totalement oubliée, la cabane où ils ont trouvé refuge pendant plusieurs mois, des décennies plus tôt.

Commence une odyssée périlleuse, sur les sentiers isolés de Colombie-Britannique, alors que les feux de forêt font rage. Car Rufous doit affronter non seulement une nature hostile, mais surtout le démantèlement de son propre esprit. Ses souvenirs, tantôt vivaces, tantôt fugaces, deviennent une carte qui le guide dans un voyage où la frontière entre rêve et réalité s’estompe…

Evaluation :

Voir aussi

La dernière nuit

Auteure: Odile d’Oultremont Editeur: Julliard – 15 janvier 2026 (224 pages) Lu en janvier 2026 …

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.