Auteur: Mikolaj Lozinski

Editeur: Noir sur Blanc – 12 février 2026 (297 pages)
Lu en février 2026
Mon avis: Les Stramer sont une fratrie de six frères et sœurs juifs polonais, tout juste adultes à l’aube de la Deuxième Guerre mondiale. A partir de 1943, alors que leurs parents ont été déportés dans un camp de concentration, ils tentent de survivre en camouflant leur identité. L’une reste à Varsovie et se teint en blond pour pouvoir travailler à l’usine sans attirer l’attention des nazis. L’un des frères rejoint la résistance polonaise ; un autre, qui a quitté le pays quelques années plus tôt pour combattre l’armée franquiste, se retrouve dans le maquis français. Deux d’entre eux sont déportés en Sibérie, et le dernier a finalement été incorporé en tant qu’officier dans l’armée de Berling, armée polonaise constituée en 1944 en URSS.
Chacun à sa façon est un héros ordinaire, risquant sa vie au quotidien dans un jeu mortel de chat et de souris avec l’occupant nazi, ou plus largement avec les nombreux antisémites de son entourage. Mais les enfants Stramer ont un point commun : leur soif de vivre, une soif qui ne s’exprime pas à cor et à cri, avec des larmes, de la terreur et du pathos, mais qui s’impose comme une évidence : on ne pense pas à survivre, on survit, puisqu’il n’y a pas d’autre option.
Un roman choral très morcelé entre les époques, les personnages, les lieux, où je me suis un peu perdue entre les vraies et fausses identités des uns et des autres. Découverte intéressante.
En partenariat avec les Editions Noir sur Blanc via Netgalley.
#LesEnfantsStramer #NetGalleyFrance
Présentation par l’éditeur:
Ils sont six frères et sœurs, les enfants de Nathan et Rywka Stramer. Devenus adultes, ils vont être séparés par la guerre : Wela tente de survivre en travaillant, sous une fausse identité, dans une usine à Varsovie ; Nusek rejoint les partisans polonais dans leur lutte contre l’occupant nazi ; Rudek et Rena, demeurés à Lviv, sont déportés à Stalinsk, en Sibérie ; Hesio devient officier dans l’armée de Berling, tandis que Salek, après avoir fui la Pologne, entre dans la Résistance française. La plus jeune de la famille Stramer, Róża, la fille de Rudek, sera cachée à Cracovie par sa nounou, une Polonaise de la campagne.
Les Stramer sont des gens ordinaires, juifs et polonais, qui s’efforcent d’échapper à l’extermination. Au moment où leur univers familier se change en un piège infernal, où le moindre geste peut les perdre, ils ont à vivre non pas parmi des monstres, mais au milieu de gens ordinaires pour la plupart antisémites. Avec Les Enfants Stramer, Łoziński nous offre un roman poignant sur la rage de vivre.
Quelques citations:
– A quoi ressemblerait le monde sans Mein Kampf?
– Il se rappelle comment cette Suisse l’agaçait avec sa propreté stérile. Elle portait un jugement impitoyable sur ce pays dont la fausse neutralité reposait sur un chantage. Aussi longtemps que tous les dictateurs, tous les fascistes et tous les capitalistes cacheront ici leur argent et feront tout pour ne pas le perdre, jamais personne ne l’attaquera, personne n’y a intérêt.
– Il avait lu dans une revue médicale que si chaque individu s’imaginait une fois par jour en train d’assassiner quelqu’un, toutes les maladies mentales disparaîtraient comme par enchantement.

