samedi , 21 juillet 2018
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Un bon jour pour mourir

Auteur: Jim Harrison

Editeur: 10/18 – 2003 (223 pages)

Lu en février 2015

un bon jour pour mourirMon avis: « Mais dans quelle galère me suis-je donc fourré ? », c’est la question subliminale qui transparaît quasiment à chaque page de ce « road-book ».
« Dire que j’aurais pu continuer tranquillement à taquiner la bouteille en éclusant le gardon (ou le contraire), avec une jolie pépée qui m’attend dans son hamac accroché aux palmiers de Floride… ». Mais non, il a fallu que le narrateur boive un coup de trop avec Tim, et se lance avec lui dans une conversation à bâtons pâteux comme seuls les piliers de comptoir en connaissent. Il a fallu qu’il étale sa culture générale en parlant à Tim d’un barrage récemment construit sur le Grand Canyon. Et évidemment, il a fallu qu’il tombe sur le seul type au tempérament écolo-explosif de toute la Floride, qui décide aussi sec (enfin, sec…) d’aller dynamiter ledit barrage.
Voilà nos deux types roulant à travers les Etats-Unis, embarquant au passage Sylvia, ex-future femme de Tim, ou future ex-petite amie du narrateur (ça dépend de l’humeur du jour. Après tout, deux gars, une fille, trois possibilités…).
Dit comme ça, on croirait que ce road-trip pour une bonne cause se déroule dans la joie et la bonne humeur, grâce à la Sainte-Trinité alcool-sexe-drogue.
Pas tant que ça, en fait. Tim, le vétéran du Vietnam, carbure aux amphétamines, ce qui le rend impuissant, instable et pas très sympathique à l’égard de Sylvia, et le narrateur, plutôt accro aux somnifères et surtout à Sylvia, rêve de consommer son amour platonique et se débat avec sa conscience. Quant à Sylvia, qui se balade à moitié habillée, elle joue les vierges effarouchées et s’étonne que tous les mâles, sauf Tim, bavent pour elle.
Entre euphorie chimique et déprime bien réelle, c’est le blues, voire le désespoir qui gagne nos trois compères, et qui en est arrivé à me contaminer. Les mésaventures de ce triangle amoureux ne sont guère passionnantes, et l’image de la femme ne sort pas grandie de ce bouquin (au point de réveiller mon côté féministe pourtant pas très affûté). Quel ennui… Et l’aspect guide touristique façon « les 50 meilleurs spots de pêche aux USA » ne suffit pas pour faire mouche.
Et je me pose encore la question : quel est le meilleur jour pour mourir ? Celui où on fait sauter un barrage par un temps à ne pas mettre une vache dehors pour permettre aux saumons de remonter la rivière, ou celui où on pêche gentiment le tarpon sous le soleil des Keys ?

Présentation par l’éditeur:

Cuites, amour et dynamite, un amateur de pêche mélancolique, un ancien du Viêt-Nam et une jeune femme aux jambes interminables traversent l’Amérique des années soixante, unis par une « mission » folle et héroïque : faire sauter un barrage du Grand Canyon. Mais l’équipée sauvage de cet improbable trio va bientôt tourner à la gueule de bois carabinée !

Evaluation :

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