jeudi , 2 décembre 2021

Une chambre en Allemagne

Auteur: Carla Maliandi

Éditeur: Métailié – 6 mai 2021 (208 pages)

Lu en avril 2021

Mon avis: La narratrice a la trentaine et vient tout juste de débarquer à Heidelberg, dans une résidence universitaire, en provenance de son Buenos Aires natal. Que vient-elle faire dans cette ville à l’autre bout de son monde ? Elle ne le sait pas exactement elle-même. En tout cas elle sait qu’elle ne vient ni pour étudier, ni pour travailler. Juste « pour dormir d’une traite » et quitter (fuir?) sa vie en morceaux. Peut-être veut-elle en réalité retrouver son enfance, sa sécurité et ses certitudes, elle qui a vécu les cinq premières années de sa vie à Heidelberg avec ses parents qui avaient fui la dictature argentine.

Partie sur un coup de tête, sans prévenir personne, avec peu d’argent devant elle, elle tente de s’intégrer dans la résidence, alors que les autres pensionnaires ont quasiment tous dix ans de moins qu’elle. Loin de forcer les choses, elle se laisse porter par le flux quotidien et par les agissements de ceux qui l’entourent. Contre toute attente, son séjour allemand sera tout sauf banal, comme s’il suffisait qu’elle apparaisse pour que surviennent des événements tragiques ou cocasses, qui influenceront plus ou moins les projets de vie dont elle n’a pas encore conscience.

« Une chambre en Allemagne » est l’histoire d’une jeune femme qui voudrait mettre sa vie entre parenthèses le temps d’y reprendre pied, mais qui n’y arrive pas vraiment, parce que, quoi qu’elle fasse, le temps continue à courir et le monde à tourner, avec ou sans elle.

Le texte est un peu mélancolique, avec des épisodes comiques, l’écriture et l’histoire sont simples, efficaces, addictives, le roman se lit très vite, en quelques heures, mais c’est suffisant pour s’attacher aux personnages et regretter qu’il n’y ait pas quelques chapitres en plus.

En partenariat avec les Editions Métailié.

Présentation par l’éditeur:

« Je suis venue en Allemagne pour dormir d’une traite », dit la narratrice de cet admirable premier roman. Pour des raisons qu’on ignore, elle s’est extirpée de sa vie (de sa maison, de son travail, de son ex, de son chien) à Buenos Aires pour atterrir à Heidelberg, où elle a vécu les premières années de sa vie lorsque ses parents fuyaient la dictature. Avec peu d’argent en poche, aucun plan et la certitude qu’elle ne veut ni étudier ni travailler, elle réussit à trouver une chambre dans une résidence universitaire. Entourée d’étudiants de différentes nationalités, tous plus jeunes qu’elle, elle essaie de trouver sa place.

Dans ce roman de « non-apprentissage », l’héroïne agit à peine mais il lui arrive des choses extraordinaires. Les gens qui l’entourent la conduisent vers des situations improbables qui ne peuvent arriver que quand on est à l’étranger.

Carla Maliandi s’adresse à tous ceux qui ont voulu un jour partir loin, ont déjà songé à un nouveau départ.

Evaluation :

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