jeudi , 17 octobre 2019
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Hiver à Sokcho

Auteur: Elisa Shua Dusapin

Editeur: Folio – 2018 (160 pages)

Lu en mars 2019

Mon avis: Sokcho, petite station balnéaire côté sud de la frontière entre les deux Corées.
Sokcho en hiver, ville portuaire déserte et glaciale.
Une pension miteuse, où travaille une jeune femme franco-coréenne. Il n’y a rien de mieux à faire, entre les visites à sa mère et les rendez-vous avec son petit ami attiré par le bling-bling de Séoul.
Rien de mieux à faire que d’étouffer sous la pression sociale (il faut être mariée, il faut être belle, même si c’est grâce à la chirurgie esthétique) et la peur latente à l’égard de l’encombrant voisin du Nord.
Et pourtant.
Une parenthèse s’ouvre. Un Français arrive dans cette pension du bout du monde. Il dessine des bandes-dessinées.
Elle l’épie, il refuse de goûter sa cuisine, elle l’emmène en excursion. Frôlements, regards, silences, quelques phrases pour peu en dire.
Pas de révélation, de révolution, pas d’histoire d’amour, pas de tremblement de terre passionnel.
Pudeur sensuelle (ou l’inverse), brèves attirances aussitôt repoussées, solitudes irréductibles, fragilités.
Parenthèse refermée.
Une histoire sans histoire, un texte épuré, délicat, subtil.
Pas d’histoire mais des sensations, des impressions, de la retenue.
Rien qu’une ambiance, c’est déjà beaucoup.

Présentation par l’éditeur:

“Il avait griffonné un buste de femme cambrée, seins nus, pieds à demi cachés par la courbe d’une fesse. La respiration de Kerrand s’est accélérée au rythme de son coup de plume. Il a fait couler toute l’encre du pot, la femme a titubé, cherché à crier encore, mais le noir s’est glissé entre ses lèvres jusqu’à ce qu’elle disparaisse.”
À Sokcho, petite ville portuaire proche de la Corée du Nord, une jeune femme rêve d’ailleurs dans une pension modeste. Chaque jour, elle cuisine pour les rares visiteurs venus s’isoler du monde. L’arrivée d’un Français, auteur de bandes-dessinées, vient rompre la monotonie de l’hiver. Ils s’observent, se frôlent, et à mesure que l’encre coule, un lien fragile naît entre ces deux êtres aux cultures si différentes, en quête d’absolu.

Evaluation :

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