mercredi , 7 décembre 2022

La boucherie des amants

Auteur: Gaetaño Bolán

Editeur: La Dragonne – 2005 (100 pages)/Le Livre de Poche – 2011 (96 pages)

Lu en décembre 2021

Mon avis: « La boucherie des amants », c’est une histoire d’amour et de bonheur.

Pourtant ça avait mal commencé : la maman de Tom est morte en lui donnant le jour, et Tom, aveugle de naissance, n’a connu que la nuit.

Mais le petit garçon n’a jamais été triste, il est même heureux, parce qu’il a le cœur pur, et un secret. Et parce qu’il est aimé.

Par son papa, Juan, le boucher de Tocopilla, petite ville du Chili. Un type costaud, un peu trop gros, pas très cultivé ni poète, mais charmant et charmeur. Un brave homme.

Par Dolorès, sa jolie institutrice, qui lui fait la lecture, et les yeux doux à son père.

Par tous les gens du quartier, incapables (comme le lecteur) de ne pas trouver ce gamin terriblement attachant.

Mais une ombre plane. Nous sommes au Chili, dans les années 80. La junte au pouvoir n’aime pas les révolutionnaires, tels que ceux qui complotent en sourdine dans l’arrière-boutique de la boucherie de Juan, entre une tournée d’alcool fort et une partie de cartes.

Et la boucherie du titre d’évoquer alors la boucherie de la dictature de Pinochet…

« La boucherie des amants », ou tout l’art d’en dire beaucoup avec peu de mots (90 pages). Des mots simples, doux et calmes, des phrases courtes et poétiques. Entre les lignes, une charge implacable contre la dictature chilienne. Mais surtout, de l’amour et du bonheur, donc, avec un brin d’humour, de tristesse et de mélancolie.

C’est beau, drôle, tendre, pur, sensible à l’extrême et plein d’humanité, c’est fort et c’est fragile, ça touche au cœur. C’est donc à lire.

Présentation par l’éditeur:

Dans une ville du Chili oppressée par le régime de Pinochet, une boucherie de quartier est le théâtre de curieuses rencontres : des réunions obscures s’y tiennent, des passions s’y nouent… Un enfant aveugle, une institutrice et un boucher fort en gueule composent ainsi le trio majeur de cette fable teintée d’humour et de poésie. Mais derrière l’apparente naïveté s’esquisse une condamnation amère des régimes totalitaires…

Largement salué, ce premier roman a bénéficié d’un vaste bouche à oreille, et a été récompensé par plusieurs prix littéraires.

Evaluation :

Voir aussi

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