mardi , 23 juillet 2019
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Les heures solaires

Auteur: Caroline Caugant 

Editeur: Stock – 2 janvier 2019 (288 pages)

Lu en janvier 2019

Mon avis: Billie croyait avoir oublié son passé. A force de volonté, de temps et de distance géographique, elle avait voulu croire qu’elle avait réussi à couper les ponts, que ses fantômes la laisseraient en paix. Arrivée à Paris à 18 ans à peine, la jeune femme aujourd’hui trentenaire est devenue artiste peintre, et prépare une exposition. Et puis un soir, le téléphone. Louise, sa mère, vient de mourir, noyée dans la rivière près de la maison de repos dans laquelle elle était internée. Accident, suicide dans un éclair de lucidité au milieu de sa démence ? Cette rivière en rappelle une autre à Billie, et c’est tout le passé qui remonte à la surface. Le sud de la France, l’arrière-pays, le village de V. où elle a grandi avec Lila, sa seule amie, sa presque soeur, la rivière glacée où elles nageaient l’été, jusqu’à l’adolescence et ses émois, jusqu’au drame.
Billie décide de retourner à V. pour vendre la maison de sa mère, fermée depuis des années. En cherchant une chose elle en trouve une autre, en voulant rester incognito elle se heurte à Henri, et cette découverte et cette rencontre mettent en lumière des pans cachés de l’histoire de sa grand-mère Adèle, de sa mère, Louise, et de la sienne. Trois femmes, trois générations, la tache originelle d’Adèle qui influence la vie et la personnalité de Louise, puis celle de Billie. Un destin est-il conditionné par les erreurs, les fautes des parents et grands-parents ? La transgression, sous quelque forme que ce soit, se reproduit-elle d’une génération à l’autre ?
Dans la grisaille de ce début d’année, ce roman a au moins le mérite de nous baigner dans la lumière et la chaleur du sud. Il ne fait pas pour autant dans la légèreté : secrets de famille honteux, souvenirs d’enfance douloureux, relations mères-filles compliquées, personnages tourmentés, à vif, le passé est lourd à assumer. Malgré une relation entre Billie et Paul peu convaincante et une étrange obsession de l’auteure pour les chevelures de ses personnages, l’histoire, assez prévisible, est agréable à lire. Et, parmi les romans (plutôt sombres) que j’ai eu l’occasion de lire en cette rentrée d’hiver, la fin, qui annonce des « heures solaires » pour Billie, est, jusqu’à présente, l’une des plus optimistes.

En partenariat avec les éditions Stock via Netgalley.

Présentation par l’éditeur:

Alors qu’elle prépare sa prochaine exposition, Billie, artiste trentenaire, parisienne, apprend la mort brutale de Louise. Sa mère, dont elle s’est tenue éloignée si longtemps, s’est mystérieusement noyée.
Pour Billie, l’heure est venue de retourner à V., le village de son enfance.
Elle retrouve intacts l’arrière-pays méditerranéen, les collines asséchées qu’elle arpentait gamine, la rivière galopante aux échos enchanteurs et féroces, et surtout le souvenir obsédant de celle qu’elle a laissée derrière elle : Lila, l’amie éternelle, la sœur de cœur ― la grande absente.
Les Heures solaires brosse le portrait de trois générations de femmes unies par les secrets d’une rivière. Y palpitent l’enfance, l’attachement à sa terre d’origine, l’impossibilité de l’oubli.
Et c’est en creusant la puissance des mémoires familiales que Caroline Caugant pose aussi cette question : les monstres engendrent-ils toujours des monstres ?

Evaluation :

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