lundi , 22 juillet 2024

Lettre du bout du monde

Auteur: José Manuel Fajardo

Editeur: Métailié (Suites) – 2012 (160 pages)

Lu en avril 2024

Mon avis: En 1492, Christophe Colomb débarque sur une île qu’il baptise « Hispaniola ». Quelques mois plus tard, il rentre en Espagne pour rendre compte de ses découvertes. Il laisse sur l’île un groupe de 39 hommes, censément missionnaires de la chrétienté, chargés de bâtir la ville de Navidad.

Mais les Espagnols sont convaincus que le centre de l’île abrite des mines débordant d’or, et la cupidité a tôt fait de semer la zizanie dans la troupe.

Un petit groupe d’hommes s’enfuit de Navidad pour tenter de remonter un fleuve et découvrir cet eldorado. En s’enfonçant à l’intérieur du pays, ils rencontrent plusieurs tribus d’Indiens et nouent avec certains d’entre eux des relations pacifiques mais intéressées, puisqu’ils pensent obtenir des autochtones des informations précieuses pour localiser les mines. Mais les Indiens, qui ne comprennent pas cet intérêt pour l’or auquel eux-mêmes n’accordent aucune valeur particulière, finissent par se méfier, et sont réticents à renseigner les Européens. Ceux-ci, de plus en plus obsédés par leur soif d’or, en arrivent à maltraiter les Indiens et à se comporter comme des barbares. Et tout cela finira fort mal pour ces « distingués » chrétiens.

Ces événements sont relatés par l’un des hommes de ce petit groupe, Domingo Pérez, tonnelier de son état, dans une lettre destinée à son frère resté en Espagne (et Dieu seul sait si la lettre arrivera à destination…). Tombé amoureux d’une belle Indienne, Domingo semble l’un des rares à avoir conscience de la folle cruauté des Espagnols, tout en reconnaissant avoir été lâche en n’essayant pas d’arrêter le carnage.

Un court texte romanesque qui mêle réalité historique (le sort tragique des premiers conquistadors) et personnages fictifs, un roman d’aventures (de mésaventures, en fait), qui interroge sur le choc des cultures, le pouvoir, la cupidité, le courage, et l’hypocrisie d’une « civilisation » et d’une religion au nom desquelles tant de massacres ont été commis dans le Nouveau Monde (et ailleurs).

Présentation par l’éditeur:

Après sa découverte de l’Amérique, Christophe Colomb doit rentrer en Espagne. Il laisse trente neuf hommes sur l’île d’Hispaniola, censés être les missionnaires de la chrétienté et bâtir la Ville de la Navidad.
Domingo Pérez, un des compagnons tonneliers, écrit pour son frère l’insertion des “Barbares” dans l’île. Ils découvrent l’or mais aussi la beauté des Indiens, surtout des femmes. Domingo est ébloui par une jeune fille, Nagala. Mais lorsque la cupidité divise les compagnons et que leurs relations avec les Indiens se tendent, il doit choisir entre l’or et l’amour.
À partir d’un fait historique – le sort tragique des premiers Espagnols arrivés sur le Nouveau Monde –, dans la tradition des épopées du XVIe siècle, l’auteur mêle avec talent aventures, suspense et érotisme.

Evaluation :

Voir aussi

Le temps d’un visage

Auteure: Ruth Ozeki Editeur: Belfond – 11 avril 2024 (128 pages) Lu en avril 2024 …

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.