dimanche , 18 novembre 2018
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Lunes birmanes

Auteurs: Sophie Ansel & Sam Garcia

Editeur: Delcourt – 2012 (208 pages)

Lu en 2012

lunes birmanesMon avis: Cette lecture a été un choc, presqu’un traumatisme.
Cette BD raconte le destin de Thazama, jeune villageois appartenant à l’une des nombreuses ethnies minoritaires du pays, et s’écoule sur la période des années 80 jusqu’au milieu des années 2000.
Or donc, en ces jours si peu éloignés de nous, la Birmanie est sous l’emprise d’un régime militaire dictatorial hyper répressif. Le début de la BD montre les exactions de la junte dans les villages, consistant, entre autres, à y rafler les habitants pour réquisitionner de la main-d’œuvre gratuite.
Parti à la ville pour y gagner un peu d’argent pour son village, Thazama, au contact des étudiants, développe sa conscience politique. Après une manifestation anti-junte, il est emprisonné. C’est là que commence la descente aux enfers (et pourtant on était déjà loin du paradis), entre tortures, travaux forcés et autres vexations physiques ou morales, dans des conditions d’hygiène épouvantables.
Thazama parvient à s’échapper et à gagner la Thaïlande puis la Malaisie. Mais l’enfer ne s’arrête pas aux frontières birmanes, puisque Thazama passera des camps de rétention de réfugiés (tout aussi sordides et violents que les geôles birmanes), à une liberté précaire, avant de tomber aux mains d’esclavagistes sans pitié. Une lueur d’espoir finira par surgir de ces ténèbres, mais au prix de quelles souffrances…
Bien sûr, avant de lire cette BD, je savais, comme tout le monde, que la junte birmane n’était pas tendre avec ses opposants. Mais si j’ai été à ce point choquée en lisant cette histoire, c’est parce que, jusque là, je n’avais pas vraiment réalisé (vous pouvez me trouver naïve) jusqu’où l’être humain peut aller dans l’inhumanité, justement, la cruauté et la sauvagerie. Le fait que ces événements se soient produits alors que j’étais déjà née les a rendus d’autant plus proches et effroyables à mes yeux. Les dessins contribuent à rendre la violence du récit par des couleurs très vives et des illustrations sanglantes.
Inspirée de faits réels, la BD témoigne aussi de la solidarité des exilés envers leurs compatriotes emprisonnés, tentant au péril de leur vie de récolter de l’argent pour soudoyer un gardien ou payer un passeur. Pour que l’espoir survive.

Présentation par l’éditeur:

La mort aux trousses, un jeune homme, évadé des geôles assassines de la junte birmane, franchit les frontières de son pays. Au lieu de trouver l’aide espérée en Thaïlande, il tombe dans un réseau de trafiquants d’êtres humains. Réduit en esclavage, il parvient à s’enfuir mais devient un animal à traquer en Malaisie. Malgré tout, il continue à se battre au nom de la dignité du peuple birman…

Quelques citations:

– “Ceux d’entre nous qui ont décidé d’oeuvrer pour la démocratie ont fait leur choix avec la conviction que le danger de se lever pour les droits fondamentaux de l’homme dans une société répressive est préférable à la sécurité d’une vie paisible dans la servitude”.

– “Brise les murs de l’impossible pour pouvoir ouvrir les portes à l’improbable”. 

Evaluation :

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