Auteure: Carla Guelfenbein
Editeur: Actes Sud – 2017 (300 pages)
Lu en avril 2026
Mon avis: A Santiago du Chili, Vera Sigall, romancière octogénaire aussi culte que discrète, est retrouvée inconsciente au pied de son escalier. Alors qu’elle est plongée dans le coma, Daniel, son jeune voisin et ami, reste à son chevet à l’hôpital. Architecte sans projets, mari sans amour, il s’interroge sur les causes de la chute de Vera : accident, ou autre chose ?
Dans la salle d’attente de l’hôpital, il fait la connaissance d’Emilia, étudiante franco-chilienne tout juste arrivée de France pour rédiger sa thèse de doctorat sur l’œuvre de Vera. Elle espérait pouvoir rencontrer celle-ci grâce à la recommandation d’Horacio Infante, grand poète et ancien amant de Vera.
Daniel, Emilia, Horacio, ces trois satellites vont graviter autour de l’étoile Vera dans ce récit à trois voix. Les deux premiers se mettent à enquêter et à conjecturer pour tenter d’éclaircir les circonstances de la chute de la vieille dame. Ils mettent peu à peu au jour les secrets indicibles qui lient Vera et Horacio depuis 50 ans, lequel confessera par ailleurs un autre secret tout aussi inavoué.
En parallèle de cette histoire ancienne d’amour et de passion, se noue aussi la relation entre Daniel et Emilia, jeune femme très repliée sur elle-même, cachant ses multiples failles.
Ce roman est donc en partie une enquête, voire un suspense littéraire, mais son thème principal, ce sont les relations amoureuses. Avec une grande finesse, Carla Guelfenbein observe la naissance et la mort de l’amour, et entre les deux, l’éventail des espoirs, illusions, déceptions, déchirements, effritements, faux-semblants, jalousies et lassitudes.
Avec ses secrets et ses impostures, ses désirs et ses rêves, « Être à distance » est un roman choral à la construction très réussie, servi par une belle écriture élégante et mélancolique. Un texte profond et émouvant, magnifique.
Présentation par l’éditeur:
Vera Sigall, romancière octogénaire aussi discrète qu’adulée, est retrouvée inconsciente au pied de son escalier, victime d’une chute supposément accidentelle – mais une porte dérobée de sa maison est restée entrouverte… Son ami Daniel, de cinquante ans son cadet, architecte sans illusion et mari mal aimé, est troublé par les conclusions de l’enquête. Dans la salle d’attente de l’hôpital, il fait la connaissance d’Emilia, étudiante franco-chilienne qui consacre sa thèse à l’œuvre de la romancière. Elle était venue au Chili pour la rencontrer, sur la recommandation chaleureuse d’Horacio Infante. Cet éminent poète, ancien amant de l’écrivaine, a mystérieusement pris Emilia sous son aile.
Ensemble, la jeune femme et Daniel affrontent les secrets de la liaison passionnelle et destructrice de ces deux monstres sacrés, unis par un pacte indicible depuis plus d’un demi-siècle, et commencent à écrire la légende de leur propre histoire.
Autour du corps inanimé de Vera, telles des planètes en gravité tirant leur énergie d’une superbe étoile, chacun vient mettre en scène ses plus intimes failles et faire l’inventaire des zones d’ombre du mensonge et de la vérité, du talent et de la médiocrité, de la consécration et de l’oubli.
