Auteure: Elsa Osorio
Editeur: Métailié – 2010 (156 pages)
Lu en mai 2026
Mon avis: Les 12 nouvelles de ce recueil de l’argentine Elsa Osorio peuvent être regroupées en deux catégories : les nouvelles réalistes et celles qui flirtent avec l’onirique, le symbolique, le fantastique. Grosso modo, les textes de la première catégorie ont été écrits 20 ans après la dictature, et ceux de la seconde, pendant celle-ci, et donc à une époque où la censure muselait toute possibilité d’opposition.
Le fil rouge entre ces récits, ce sont leurs personnages en souffrance et leurs blessures, faites de trahison, de perte d’identité, d’exil, de besoin de vengeance ou de réparation.
Malgré la noirceur, la tristesse, la douleur, ces nouvelles laissent entrouverte la porte de l’espoir et de la lumière. Le titre espagnol (« Callejón con salida » – Ruelle avec issue) est d’ailleurs plus parlant.
Comme souvent avec les recueils de textes, le plaisir de lecture est inégal. J’ai préféré les nouvelles qui abordent le thème de la dictature, que j’ai trouvées très fortes, poignantes, déchirantes même. Il n’en reste pas moins que tous ces textes montrent qu’Elsa Osorio maîtrise des registres d’écriture très variés.
Présentation par l’éditeur:
Elsa Osorio a plusieurs cordes à son arc de narratrice, ici elle en rassemble deux: l’une fantastique et allégorique, et la seconde réaliste, ancrée dans l’histoire récente de l’Argentine.
Ces nouvelles ont été écrites à des époques différentes, certaines pendant la période la plus sombre de la dictature militaire, au moment où la censure ne permettait pas d’appeler les choses par leur nom.
D’autres l’ont été vingt ans après, alors que la réalité retrouvait une identité. Toutes ces histoires, qu’elles parlent de blessures inguérissables, perte d’identité, solitude, trahison, ou racontent des histoires sans issue, sont toujours ouvertes à l’espoir. Elles nous parlent d’impasses dont on peut sortir.
La littérature prend sous la plume d’Elsa Osorio son sens le plus noble. C’est elle qui transforme la réalité, dans ses aspects les plus inquiétants et les plus sordides, en un message de consolation à ceux dont la politique ou l’angoisse ont fait des êtres sans espoir et sans voix.

