samedi , 16 octobre 2021

Là où le soleil ne brûle pas

Auteur: Jacinthe Mazzocchetti

Editeur: Editions Academia – 2019 (138 pages)

Lu en juillet 2021

Mon avis: Ce roman raconte l’histoire de quatre jeunes migrants, deux hommes, deux femmes, partis chacun de leur coin d’Afrique de l’Ouest. Par hasard, au bout de leur continent, ils embarquent à bord du même bateau de fortune, quelque part sur la côte libyenne, destination l’Eldorado européen. Avec eux, des dizaines d’autres passagers, tous désespérés au point de tout préférer, même la mort, à leur vie de misère et/ou de violence.

Tous candidats au naufrage, en Méditerranée littéralement, ou un peu plus loin, symboliquement, quand leurs illusions de vie meilleure, de réussite et de fortune se seront fracassées, pour la plupart d’entre eux, sur la réalité d’un autre continent où l’on ne veut pas d’eux et d’où ils seront refoulés. A moins qu’ils n’arrivent à passer les mailles du filet, et se retrouvent alors dans la zone grise des sans-papiers qu’on refuse de régulariser mais dont, cyniquement, on n’empêche pas réellement l’utilisation/l’exploitation de la force de travail dans les circuits de l’économie parallèle.

Mais ça, Abdou, Tarik, Marie, Ramatou et les autres l’ignorent, ou ne veulent pas le savoir ni y penser, ou en sont conscients mais de toute façon ça ne peut pas être pire que chez eux. Et puis peut-être qu’avec un peu de chance…

Rêve, illusion et drame de la migration, ce court roman met la focale sur le parcours de ces migrants de « leur » côté de la Méditerranée, avec quatre exemples parmi tant d’autres, montrant les vexations, pressions, menaces, abus qui les poussent au départ, les difficultés et les horreurs du trajet, surtout pour les femmes, jusqu’en Libye, avec l’argent comme seul nerf de la guerre, comme toujours.

Quatre prénoms parmi des milliers, qui se résument pour la plupart d’entre nous à une masse d’individus innommés, rendus anonymes par leur nombre, notre habituation à ces drames quotidiens, notre indifférence.

Leurs histoires sont tristes, tragiques, ce roman l’est aussi, et sombre et désespérant. Le style est fluide, parfois trop haché à mon goût, et il transmet toute l’empathie de l’auteure pour ces êtres déshumanisés. Elle rend hommage à ces esclaves modernes, aliénés par les défaillances systémiques de leurs pays d’origine et la froideur de la politique migratoire européenne. Elle rend un peu de leur dignité à ces « héros et héroïnes de notre monde contemporain que l’on dit migrant.e.s« .

Présentation par l’éditeur:

Le vent qui craquèle la peau, qui avale les larmes. L’infini des paysages de sable qui rend fou. Son sac sur le dos, ses baskets neuves, il se revoit monter dans le bus qui le mènerait de Bamako à Niamey. Premiers passages de frontières.

C’est l’histoire d’Abdou, Marie, Tarik et Ramatou, en fuites, en espoirs, en rêves. Des vies ordinaires ou presque. Des vies chamboulées au gré des vagues, au gré du vent. Venus d’Afrique de l’Ouest, réunis par les hasards de leur existence sur un même bateau entre la Libye et l’Italie. Aux prises avec les mêmes peurs, les mêmes espérances.

Evaluation :

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