dimanche , 18 avril 2021

Loin du soleil

Auteur: Françoise Henry

Éditeur: Editions du Rocher – 6 janvier 2021 (216 pages)

Lu en février 2021

Mon avis: Loin du soleil, c’est là qu’est contrainte de vivre Greta, qui souffre de photodermatose, une maladie qui rend sa peau bien trop sensible au soleil.
Loin du soleil, c’est là que va grandir Loïc, là qu’il va apprendre à vivre (ou survivre), puisque la nuit est tombée sur sa famille au décès de Nadine, sa mère, lorsqu’il avait quatre ans.
Nadine, belle et lumineuse comme un soleil, insouciante, oisive, un brin écervelée, et Augustin, travailleur, gentil mais taiseux, incapable d’exprimer ses sentiments, ces deux-là forment un couple improbable mais pourtant heureux, avant le drame et la mort de Nadine. Augustin sombre, on fait croire au petit Loïc que sa mère est partie en avion et qu’elle ne reviendra pas avant longtemps. Mais dans la tête du gamin, “longtemps” ne veut pas dire “jamais”, alors il attend, attend… Il attend en silence et sans amour, son père n’est pas capable de lui en donner, ses grands-parents maternels non plus, plus doués pour pourvoir à la logistique qu’à la tendresse.
Il n’y a que Greta, la voisine, qui observe la famille depuis sa fenêtre. De loin en loin, elle suit ta vie, Loïc, et s’adresse à toi, reconstituant ton histoire, ton parcours, ta vie sans amour, sans amitié, sans attention ni affection, sans instruction mais avec en prime l’alcoolisme de ton père, qui n’en finit pas de s’y enfoncer. L’alcool dans lequel tu pourrais bien couler toi aussi, à trente ans à peine. A moins que Greta, qui veille et s’en veut de n’avoir jamais rien tenté pour t’aider, ose te tendre la main…
Malgré la lueur d’espoir finale, cette histoire est un crève-cœur, un roman de “désapprentissage” dans lequel un enfant grandit dans un désert affectif et sans que l’école, cet instrument de l’ascenseur social, joue son rôle, puisque malgré toutes ses années de scolarité, Loïc est illettré. Il y a des vies qui se construisent sous de meilleurs auspices.
Isolement géographique, solitude morale, rejet, tristesse, gâchis, tout cela est raconté avec une très jolie plume, à la fois sobre et poétique, sans larmes et avec beaucoup d’humanité. Un ton très juste pour un roman entre beaucoup d’ombres et un peu de lumière.

En partenariat avec les Editions du Rocher via Netgalley.
#Loindusoleil #NetGalleyFrance

Présentation par l’éditeur:

“Bien sûr je ne suis qu’une voisine : Greta. Mais j’ai tout vu, j’ai vécu l’histoire dès sa naissance si l’on peut dire. J’aurais aussi bien pu être un chat, ou un oiseau, partageant la vie de ce hameau. À cet instant, je serais plutôt une chouette-effraie, qui sait tourner la tête à cent quatre-vingts degrés. Sans bouger de sa branche elle épie tout, de ses grands yeux fixes.”

Postée derrière sa haie, ou à travers la porte vitrée de la cuisine, Greta, qu’une maladie condamne à fuir le soleil, regarde grandir Loïc dans la campagne profonde, quelque part en France. Dans ce territoire abandonné, où planent les ombres du passé et la violence du présent, le destin de Loïc, très tôt frappé par le malheur, semble inexorable. Greta saura-t-elle infléchir le cours de cette vie ?

Une citation:

– Ne pas savoir si l’on est aimé est peut-être la chose la plus déstabilisante qui soit, cela peut vous plonger dans un abîme de panique, vous conduire à des gestes fous.

Evaluation :

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