vendredi , 19 octobre 2018
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Quatrième étage

Auteur: Nicolas Ancion

Editeur: Espace Nord – 2017 (224 pages)

Lu en avril 2018

Mon avis: Bruxelles ma belle, ton portrait à l’issue de ce livre est loin d’être flatteur. On t’y présente comme abritant deux villes en une, comme une ville à deux vitesses, à deux visages ou plutôt à deux étages : la Ville haute, avec ses belles avenues, ses beaux immeubles d’acier et de verre, sa propreté, son grand Capital, et puis le « bas de la ville », le Bruxelles des boulevards du centre, impopulaire à force d’être populeux, surpeuplé, interlope, sale et pauvre. C’est dans cette partie de la capitale que se déroule une double histoire d’amour, deux histoires parallèles qui se rejoindront peut-être dans l’infini d’un quatrième étage.

Dans l’une, Serge rencontre Louise à la faveur de circonstances des plus rocambolesques. C’était sans doute son jour de chance. Pas celui de son pote Toni, qui lui posait le matin même la question « Tu y crois, toi, à la chance ? », juste avant d’être renversé accidentellement par un bus et de mourir sous les yeux de Serge. Le même Serge qui s’en va annoncer la nouvelle à Roger, l’oncle de Toni, et qui se retrouve plombier improvisé, envoyé réparer une fuite chez Louise, au quatrième étage.

Dans l’autre histoire, on apprend que Thomas et Marie sont mariés depuis de longues années. Marie est malade, alitée, ils vivent au quatrième étage d’un immeuble insalubre dont le moindre mètre carré est exploité par un marchand de sommeil véreux. Thomas n’a plus d’argent, il se livre tous les jours à un effroyable parcours de combattant désarmé dans la ville carnassière pour trouver de quoi manger. Mais Marie ne sait rien de tout cela, car Thomas la protège de la cruauté du monde extérieur en l’entourant d’amour et de pieux mensonges.

Deux histoires d’amour très touchantes, l’une cocasse, l’autre dramatique, racontées chacune à leur tour au fil des chapitres, d’une écriture fluide, douce et drôle. On y trouve beaucoup de tendresse et de lumière délicate malgré le gris-noir de la vie, et beaucoup d’humour. Mais on réalise rétrospectivement que, dans ce Bruxelles vaguement dystopique, cet humour avait la politesse du désespoir. Vous y croyez, vous, à la chance ?

Présentation par l’éditeur:

Dans les bas quartiers de Bruxelles où le sommeil se marchande, il y a ce vieil immeuble. Les deux derniers niveaux, insalubres, ont été condamnés. Ce qui fait du quatrième étage (sans ascenseur), le véritable sommet de ce taudis. Marie, malade, est alitée. Thomas, son mari, tâche de lui cacher les alentours, l’enfer urbain où la vie se troque. Ils ne sont plus du tout jeunes. Ils sont amoureux. Dans les bas quartiers de Bruxelles où le sommeil se marchande, il y a Serge. Qui, un jour de chance, a pris le vieil escalier. Et qui, au quatrième étage, s’est arrêté.

Evaluation :

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7 commentaires

  1. Je me le note !

  2. Une critique très touchante et tentante. Bruxelles, Paris, Londres… des villes aux multiples visages,

  3. Oh, merci pour la lecture et ces jolis échos !

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