mardi , 22 mai 2018

Canada

Auteur: Richard Ford

Editeur: Points – 2014 (504 pages)

Prix Femina Etranger 2013

Lu en avril 2018

Mon avis: ♫ Ma cabane au Canada
Est blottie au fond des bois (…)
Si la porte n’a pas de clé
C’est qu’il n’y a rien à voler… ♪♫

En effet, dans la « bicoque » pourrie de Dell Parsons, quinze ans, il n’y a pas de quoi faire fortune, vu que toutes ses possessions tiennent dans une valise et une taie d’oreiller. Si ladite bicoque n’est pas exactement au fond des bois, Partreau n’en est pas moins un trou perdu désenchanté du Saskatchewan, à quelques encablures des USA. Comment un gamin de 15 ans, originaire de Great Falls, Montana, peut-il se retrouver catapulté de l’autre côté de la frontière, seul et livré à son destin ? La faute à ses parents, qui viennent de braquer une banque pour tenter d’éponger une vilaine dette. Et ces desperados sont tellement foireux qu’ils se sont fait prendre en quelques jours à peine, ne laissant à leurs deux enfants que des perspectives d’avenir sombres et incertaines. Tandis que Berner, la soeur jumelle de Dell, rebelle et volontaire, prend la poudre d’escampette pour échapper à l’orphelinat et vivre sa vie, Dell, garçon passif, sérieux et désireux de s’instruire, se laisse prendre en charge et conduire au Canada, selon le souhait de sa mère. Il atterrit dans l’orbite d’Arthur Remlinger, Américain exilé pour d’obscures raisons, étrange dandy inquiétant et charmeur. Propriétaire d’un hôtel, il a accepté d’embaucher Dell pour divers petits boulots en échange du couvert et du gîte dans la fameuse bicoque, donc. Jusqu’à ce que le destin de Remlinger le rattrape et s’accomplisse, avec, une nouvelle fois, des répercussions sur celui de Dell.

Du braquage de la banque aux derniers jours de la chasse à l’oie à Partreau, il s’écoule à peine trois mois de la vie de Dell, et cette période est le pivot où tout bascule pour lui, de la candeur de l’enfance à la lucidité cruelle du monde des adultes. La frontière et les grands espaces sont ici les symboles d’un rite de passage, de l’abandon et du renoncement forcé à l’innocence, un point de non retour – Dell ne rentrera d’ailleurs jamais vivre aux USA.
Comment construit-on son identité quand on débute dans la vie sur des bases aussi bancales, quand les parents n’ont pas donné l’exemple, quand on n’a pas de point de repère, quand on porte malgré soi, non pas la responsabilité, mais le poids d’actes illégaux ? Ce sont tous ces questionnements qui sont abordés au long de 500 pages d’une écriture-fleuve, sinueuse, cérébrale et redondante. Car autant de mots pour décrire trois mois d’une vie en grande partie routinière, c’est long, très long, surtout quand l’auteur met un point d’honneur à systématiquement tuer tout suspense en annonçant à l’avance les principales péripéties. Quant à la vie d’adulte de Dell, on en saura peu de choses : prof de lycée, marié à une Canadienne, pas de quoi en faire un roman, certes.
En tout cas, ces trois mois de la vie d’un gosse déboussolé sont racontés sans faire pleurer les violons, ce qui me plaît, mais avec un détachement qui m’a empêchée de m’attacher aux personnages, ce qui me plaît moins. « Canada » est sans doute un « grand roman américain », mais qui pour moi manque de chaleur humaine. Il fait froid, au Canada…

Présentation par l’éditeur:

Dell Parsons a 15 ans lorsque ses parents braquent une banque. Pour échapper à l’orphelinat, il fuit au Canada. Dans la région sauvage du Saskatchewan, il se réfugie chez Arthur Remlinger, charismatique et mystérieux propriétaire d’un hôtel, qui le prend à son service. Au milieu d’hommes pour qui seule compte la force brutale, Dell enterre son innocence et part à la recherche de son nouveau destin.

Evaluation :

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4 commentaires

  1. Un roman qui m’a beaucoup plu !

  2. J’ai été très déçue par ce roman, avec lequel j’ai découvert Richard Ford -découverte qui s’est du coup limitée à ce titre-, je n’ai pas accroché à son écriture, que j’ai trouvée terne, et me suis profondément ennuyée pendant ma lecture…

    • Sylvie

      Oui moi aussi c’est mon premier Richard Ford et ça ne m’a pas donné envie d’en lire d’autres. Ce roman est beaucoup trop long et trop « torturé des méninges »…

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