jeudi , 29 juillet 2021

Analphabète

Auteur: Mick Kitson

Éditeur: Métailié – 28 janvier 2021 (256 pages)

Lu en janvier 2021

Mon avis: Mary Peace n’existe pas. En tout cas pas officiellement, sa naissance n’a jamais été déclarée à l’état civil.
A plus ou moins 40 ans, Mary Peace ne sait ni lire ni écrire, tout juste reconnaître quelques chiffres et quelques mots, et apposer sa signature sur un papier.
Mary Peace a un fils, Jimmy, 20 ans, qu’elle a abandonné quand il avait deux ans. Il ne se souvient pas d’elle, mais son père, sur son lit de mort, lui en a parlé pour la première fois, et l’a supplié de ne pas tenter de la retrouver.
Parce que Mary Peace est toxique, dangereuse, belle, irrésistible. Elle aime le luxe, donc l’argent, donc les hommes riches, qu’elle escroque, ou pire, sans le moindre état d’âme.
Et pour cela, Mary Peace est recherchée par la police, en la personne de Julie Jones.
Et même si (ou parce que) Jimmy ignore tout de la vie délinquante de sa mère, il se met lui aussi en quête de Mary Peace.

Analphabète” est donc un chassé-croisé entre ces trois personnages, à la fois quête et enquête. Un coupable, une mère, l’assouvissement d’un désir sans fin, chacun suit son fil avec entêtement. Qui va lâcher, qui va gagner, le suspense est drôlement bien amené, grâce à une construction en “puzzle choral” : une succession de courts chapitres, alternant passé et présent, centrés chaque fois sur des personnages différents. Au début c’est un peu confus, mais peu à peu le tableau se reconstitue sous nos yeux.
Dans un style fluide, l’auteur aborde les thèmes de l’abandon, de la quête d’origine et d’identité, des sectes, des addictions et du déterminisme social. Certains auraient mérité d’être approfondis, mais ce roman, entre enquête policière et portraits d’une femme intrigante et d’un jeune homme attachant, est un texte très agréable à lire.

En partenariat avec les Editions Métailié.

Présentation par l’éditeur:

Sur son lit de mort son père lui a fait promettre de ne jamais essayer de retrouver sa mère qui les a abandonnés quand il était bébé. Mais comment trouver Mary Peace, cette femme élevée dans une communauté créée par son père, gourou et cultivateur de fraises. Il lui a lu dès l’enfance la Bible, le Coran, le Livre des Morts tibétain, Mein Kampf, Le Manifeste communiste… mais ne lui pas appris à lire et à écrire. Elle n’est jamais allée à l’école. Elle se débrouille avec les nombres, elle sait faire sa signature. En fait, elle sait faire tout un tas de signatures en fonction de ce qu’elle signe. Il lui a aussi appris à ne rien vouloir de matériel, mais, sur ce coup-là, il n’a pas réussi. Elle adore le luxe. Elle arnaque, vole et fuit. Les hommes riches et naïfs sont sa proie de prédilection. Mary a du métier et sait effacer ses traces. Mais cette fois c’est Jimmy Shaski, un jeune homme débrouillard, son fils, qui est à ses trousses. Ainsi que Julie Jones, la flic tenace.

Un roman drôle, puissant et lumineux. Dans un style simple et fluide, l’auteur touche à des sujets complexes comme l’abandon, la misère et la déception, avec un humour et une légèreté qui captivent et émeuvent.

Evaluation :

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