jeudi , 3 décembre 2020

La fin de l’histoire

Auteur: Luis Sepúlveda

Éditeur: Métailié – 2017 (208 pages)

Lu en octobre 2020

Mon avis: Trois époques, deux pays, un seul métier : guérillero.
Juan Belmonte a le métier qui lui colle à la peau. Ancien sniper dans diverses guérillas sud-américaines, formé à l’école soviétique, il coule désormais des jours paisibles au fond de la Patagonie avec sa compagne, meurtrie au plus profond de son âme par les tortures de la dictature chilienne.
Mais ses anciens camarades des services secrets de l’ex-URSS n’ont pas oublié les talents de Belmonte, et vont le forcer à les remettre à leur service. A savoir localiser quelques cosaques nostalgiques et fanatiques, tout juste débarqués à Santiago depuis la steppe russe, et dont le but est de libérer un certain Krasnoff, descendant d’un dignitaire cosaque ayant œuvré aux côtés des nazis pendant la Deuxième Guerre Mondiale. Lequel Krasnoff a lui-même sévi (les chiens ne font pas des chats) en tant que général au sein de l’armée de Pinochet. Et qui, au retour de la démocratie, s’est retrouvé de l’autre côté des barreaux pour sa participation à la torture. Et avec qui, comme si ça ne suffisait pas, Belmonte a un œuf personnel à peler.
Dit comme ça, c’est un peu difficile à suivre, et la lecture est effectivement un peu complexe, passant d’un continent et d’une époque à l’autre sans souci de la chronologie. Mais ce qui est très clair, c’est la dénonciation à la sulfateuse de la dictature de Pinochet, de tous les totalitarismes et des mafieux de tous bords. Le final est à haute teneur en suspense, je me suis demandée jusqu’au bout quelle serait “la fin de l’histoire”. Une fin, au bout du compte, pas dénuée d’une certaine poésie.
On sent que Sepúlveda sait de quoi il parle, on imagine sans peine que Belmonte aurait pu être son double. Un roman noir dans lequel pointe quand même une lueur d’espoir, et éclairé d’un bout à l’autre d’amour et de solidarité. Avec un message limpide : “la littérature raconte ce que l’histoire officielle dissimule“.

Présentation par l’éditeur:

Juan Belmonte a déposé les armes depuis des années, il vit en Patagonie près de la mer avec sa compagne, Verónica, qui ne s’est pas encore complètement relevée des tortures qu’elle a subies sous la dictature de Pinochet. Mais les services secrets russes qui connaissent ses talents de guérillero et de sniper vont le forcer à leur prêter main forte.

À l’autre bout du monde, un groupe de cosaques nostalgiques a décidé de libérer le descendant du dernier ataman, Miguel Krassnoff. Fils des cosaques russes qui ont participé à la Deuxième Guerre mondiale dans les régiments SS, Krassnoff est devenu général de l’armée de Pinochet, avant d’être emprisonné à Santiago pour sa participation à la répression et à la torture pendant la dictature militaire. Et Belmonte a de bons motifs de haïr “le cosaque”, des motifs très personnels.

De la Russie de Trotski au Chili de Pinochet, de l’Allemagne d’Hitler à la Patagonie d’aujourd’hui, La Fin de l’histoire traverse le XXe siècle tout entier.

Evaluation :

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