samedi , 16 novembre 2019
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L’envol du faucon vert

Auteur: Amid Lartane

Editeur: Métailié (suites) – 3 octobre 2019 (202 pages)

Lu en octobre 2019

Mon avis: A la fin des années ’90, en Algérie, la clique au pouvoir commence à se dire que, décidément, les entreprises d’Etat, y compris les banques publiques, ne sont guère dynamiques et ne (lui) rapportent pas grand-chose. Qu’à cela ne tienne, un jeune homme de bonne famille (entendez : le fils d’un ponte du régime), brillant plus par son côté bling-bling que par son intelligence, a l’idée de fonder une banque privée et, pourquoi pas, dans la foulée, une compagnie aérienne. Le hic, c’est qu’il n’a pas de capitaux à injecter dans son projet. Mais les généraux au pouvoir ont flairé la bonne affaire (pour l’image internationale de l’Algérie et surtout pour leurs poches) et décident de nourrir cette poule aux œufs d’or en l’alimentant avec l’argent des caisses de retraite et les réserves de la Banque d’Algérie. Si nécessaire en s’asseyant confortablement sur la réglementation bancaire. Mais n’allez pas imaginer que c’est aussi simple. Il faut d’abord “convaincre” (lire : écarter par tous les moyens) certains hauts-fonctionnaires respectueux des lois et/ou récalcitrants face à l’opportunité (l’opportunisme) du projet et ses retombées économiques faramineuses. Et les “arguments” sont divers et variés : pratiques mafieuses, menaces, trahisons, corruption, violence, utilisation de djihadistes, les rares opposants à la nouvelle banque du Faucon Vert n’ont pas d’autre choix que la mort, la prison ou l’exil.
Publié en 2007 (et réédité en poche en 2019), ce roman s’inspire largement d’un authentique scandale financier : l’affaire Khalifa, banque privée fondée en 1998 par Rafik Khalifa, proche du pouvoir, qui créa ensuite un empire économique avant d’effondrer dans une faillite retentissante après que la justice algérienne y ait décelé des flux financiers suspects. Amid Lartane est le pseudonyme d’un “initié des sombres arcanes du pouvoir algérois”, et manifestement il sait de quoi il parle, parce que son roman apparaît malheureusement très réaliste quant au fonctionnement totalement scandaleux du pouvoir de ces années-là. Les personnages hauts en couleurs et un peu caricaturaux (mais on peut imaginer qu’ils sont proches de la réalité) sont fictifs mais sans doute reconnaissables pour les initiés. Et c’est là que je mets mon bémol : il faut être familier de l’histoire algérienne récente pour capter toutes les références qui y sont faites dans le roman, pour identifier les personnages et pour profiter pleinement de l’ironie distillée au fil des pages de cet effarant polar politico-financier.

En partenariat avec les Editions Métailié.

Présentation par l’éditeur :

À la fin des années 90, le jeune Oulmene, fils d’un notable du régime algérien et cancre notoire, décide de créer une banque privée puis une compagnie aérienne, il n’a aucun financement, mais la nomenklatura d’Alger voit immédiatement l’intérêt du projet. Tout un système d’influences mafieux se met en place pour drainer vers cette banque « moderne » l’argent des caisses de retraite et une partie des réserves de la Banque d’Algérie.
Portraits d’hommes politiques, stratégies douteuses, utilisation des intégristes musulmans, massacres des populations, faux barrages de police, collusions, trahisons… l’auteur dresse un tableau véridique du fonctionnement du pouvoir et de la corruption.

Evaluation :

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