vendredi , 15 novembre 2019
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Le Kurde qui regardait passer les nuages

Auteur: Fawaz Hussain

Editeur: Editions Zinédi – 26 septembre 2019 (118 pages)

Lu en octobre 2019

Mon avis: Depuis son appartement au 7ème étage d’un HLM parisien, le narrateur – le Kurde du titre – regarde passer les nuages. De jolis moutons blancs dans l’azur en nuées grises et plombées, son esprit et son humeur vagabondent au gré de ses souvenirs. Arrivé en France pour y faire ses études, il est aujourd’hui retraité, un peu solitaire, un peu désabusé. Il se remémore son pays tourmenté depuis si longtemps, l’effervescence de ses années d’études à Paris, la solidarité avec les autre Kurdes émigrés. Il se rappelle surtout son histoire d’amour (récente) avec Magalie, une artiste-peintre dont les grands-parents juifs ont été tués par les nazis, et qui n’a de cesse de reproduire à l’infini les baraquements des camps de concentration dans ses tableaux abstraits. Mais Magalie est une parenthèse désormais refermée, et depuis lors la vie de notre Kurde, comme son récit, semble se répéter. 115 pages, 4 parties qui toutes commencent par un rendez-vous médical, précédé ou suivi de déambulations dans les couloirs d’un hôpital labyrinthique, qui le ramènent, allez savoir pourquoi, à l’histoire tortueuse de son pays et à celle d’un ami kurde qu’il a aidé à obtenir l’asile en France. Puis, inévitablement, de retour à son appartement, il repense à Magalie, et espère. Qui sait, peut-être, un jour,…
Tout en sobriété, léger comme de l’ouate ou comme le cœur d’un amoureux, ou sombre comme un jour sans paix, “le Kurde qui regardait passer les nuages” rappelle le triste sort des habitants de cette région du monde, tyrannisés par les terroristes de l’Etat islamique et coincés entre leurs encombrants voisins turc et syrien, plus ou moins manipulés par leurs alliés respectifs. Ce texte très court, teinté d’humour, est pétri de nostalgie pour le pays, la jeunesse et l’amour perdus. Mais qu’importe la perte s’il y a le souvenir, et les nuages : “Sans regretter le moins du monde la “parenthèse” Magalie Tennenbaum, j’allais continuer à l’aimer et à regarder passer les nuages. Oh, la chance que j’avais ! Les quatre fenêtres de mon appartement du septième étage m’offraient une vue imprenable sur le vaste ciel, ses signes fébriles, et ses nuages sans fin.

En partenariat avec les Editions Zinédi via une opération Masse Critique de Babelio.

Présentation par l’éditeur: 

En partageant la vie intime de ses personnages, le narrateur lève un pan sur les drames de l’Histoire qu’elle recèle et qui n’en finit pas de se répéter. Mais loin d’être simple spectateur, il fait partie intégrante de ce récit dans lequel il se livre, sans fard et avec humour.
Nostalgique de l’amour enfui, du pays perdu, de la jeunesse disparue, il reste un combattant de la mémoire et un poète, qui, tel l’Étranger de Baudelaire, aime les nuages qui passent.

Evaluation :

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