mardi , 19 juin 2018
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Outrage public à la pudeur

Auteur: Tom Sharpe

Editeur: 10/18 – 1990 (353 pages)

Lu en 2012

outrage public à la pudeurMon avis: Piemburg, petite ville d’Afrique du Sud, en plein apartheid. le commandant van Heerden est le chef de la police locale. Pur afrikander, il n’en voue pas moins une admiration fervente et secrète à l’ennemi juré : l’Angleterre, pour son raffinement et sa civilité si aristocratique.
Il fait connaissance avec quelques dignes (?) représentants de Sa Gracieuse Majesté, et se retrouve invité à passer quelques jours avec eux dans leur maison de campagne (attention, ça flaire “le dîner de cons”… ). le voilà donc qui remplit sa feuille de congé, désigne le lieutenant Verkramp pour assurer l’intérim, et boucle sa valise.
Verkramp, carriériste tordu et sans scrupules, a bien l’intention de profiter de l’occasion pour faire remarquer en haut lieu ses inestimables compétences. Soupçonnant depuis longtemps son commandant d’avoir des relations interdites avec des femmes noires (la plus abjecte des perversions… so shocking), il fait placer des micros chez lui. Evidemment, avec un auteur comme Tom Sharpe, ça ne peut que tourner à la catastrophe, que Verkramp s’empresse de mettre sur le dos de quelques supposés terroristes communistes. Pour démanteler cette dangereuse faction de comploteurs, Verkramp organise (?) de main de maître (??) un réseau d’espions (style “Oss117 – le Caire, nid d’espions”).
Ce cher lieutenant n’est pas loin d’être surmené, car il doit gérer un autre travail d’Hercule : l’éradication de la perversité (comprenez des Blancs qui couchent avec des Noires) qui ronge les rangs de la police. Pour ce faire, il trouvera une alliée de choc (et de « charme »…) en la personne de la doctoresse von Blimenstein, « douce » psychiatre plutôt…innovante…
Avec un tel mélange d’ingrédients improbables et de personnages ridicules, et à condition de connaître le style de Tom Sharpe, impossible d’être déçu : c’est rocambolesque, hystérique, déjanté, délirant, bourré de quiproquo et de morceaux de bravoure (mention spéciale au Dr von Blimenstein, ainsi qu’aux autruches…).
Ca fait rire, sans se priver pour autant de dénoncer férocement la bêtise humaine et l’une de ses plus médiocres productions : l’apartheid.
Outrage public à la pudeur est la suite de Mêlée ouverte au Zoulouland, que je n’ai pas lu.
Il faut savoir que c’est de l’humour « so British », donc on accroche ou on n’accroche pas du tout. Moi c’est fait…

Présentation par l’éditeur:

Des policiers blancs livrés à la paranoïa ou à leurs obsessions sexuelles, des colons anglais qui rêvent d’un passé révolu, des beautés locales qui ne doivent un salut relatif qu’à la vitesse de leurs jolies jambes, tout ce beau monde exécute, grâce à Tom Sharpe, une gigue endiablée. Inspiré par dix ans passés en Afrique du Sud, il déchaîne son humour dévastateur sur le thème de l’apartheid. Après Mêlée ouverte au Zoulouland, il persiste et signe ce second opus encore plus déjanté… encore plus Sharpe !

Evaluation :

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