mardi , 5 juillet 2022

Proletkult

Auteur: Wu Ming

Editeur: Métailié – 18 février 2022

Lu en février 2022

Mon avis: Moscou 1927. Les préparatifs du 10ème anniversaire de la Révolution d’Octobre vont bon train, mais Alexandre Bogdanov ne s’y intéresse que de loin. Ce personnage historique, auteur de science-fiction (« L’Etoile Rouge »), philosophe et scientifique, a fait partie des pionniers de la révolution aux côtés de Lénine notamment, avant d’être mis à l’écart en raison de ses convictions idéologiques divergentes. Aujourd’hui, il est directeur d’un institut spécialisé dans la transfusion sanguine et expérimente le collectivisme physiologique, c’est-à-dire des transfusions de sang entre jeunes et vieux dans le but de prolonger la vie humaine.
Un jour, Denni, une jeune fille, débarque à l’institut, un exemplaire de « L’Etoile Rouge » sous le bras. Elle prétend être arrivée de Nacun, la planète imaginée par Bogdanov dans son roman, sur laquelle est mis en oeuvre un modèle socialiste idéal d’organisation et de fonctionnement de la société. La jeune fille est également persuadée que son père (qu’elle n’a pas connu) est l’humain héros du roman qui a vécu quelques temps sur Nacun avant de revenir sur Terre. Et qui, dans la réalité, est un ancien camarade révolutionnaire de Bogdanov qui lui a inspiré le roman, perdu de vue depuis des années mais qui est peut-être toujours vivant. Bogdanov et Denni se mettent à sa recherche.
Cette quête est entrecoupée de flash-backs qui reviennent sur la genèse de la Révolution à la charnière des 19ème et 20ème siècles. Il y est question du rôle et des actions politiques de Bogdanov, de ses relations avec Lénine et d’autres fondateurs du futur Parti communiste, de ses convictions philosophiques et de sa rupture progressive avec la stratégie et la vision de Lénine.

Ce roman me laisse perplexe : à la réalité historique, il mêle des éléments de fiction mais aussi de science-fiction, sauf qu’à la fin je n’ai pas saisi si c’était réellement de la SF, ou simplement de l’onirisme, une métaphore de quelque chose, ou un trouble psychique chez Denni. Par ailleurs, l’aspect historique prend le pas sur l’intrigue finalement assez mince et qui semble servir de prétexte à une rétrospective de la vie de Bogdanov, ses regrets, sa nostalgie, son questionnement existentiel. Je crois qu’il faut être familier de cette période de l’Histoire et de la terminologie philosophico-communiste (ce que je ne suis pas) pour apprécier pleinement ce livre. Personnellement, la tectologie et l’empiriomonisme me sont passés loin au-dessus de la tête. Tout cela m’a semblé confus et répétitif et je n’ai pas compris en quoi (comme le dit la 4ème de couverture) la quête de Bogdanov « va bouleverser complètement les convictions de toute une vie ».

En partenariat avec les Editions Métailié.

Présentation par l’éditeur:

Moscou 1927. Que les histoires se mêlent à la réalité au point de prendre vie, n’est-ce pas le rêve secret de tous les romanciers ? C’est ce qui arrive à Alexandre Bogdanov, écrivain de science-fiction, mais aussi révolutionnaire, scientifique et philosophe.

Pendant les préparatifs des célébrations des dix ans de la Révolution d’Octobre et que s’approche le règlement de comptes entre Staline et ses opposants, l’auteur du célèbre Étoile rouge reçoit la visite d’un personnage qui semble directement sorti des pages de son roman. C’est l’occasion de parcourir les étapes d’une existence au bord du gouffre, entre les insurrections, l’exil et la guerre, sur les traces du spectre d’un vieux camarade perdu sur la route. Une recherche qui va bouleverser complètement les convictions de toute une vie.

Entre réalisme socialiste, science-fiction (soviétique !) et histoire, le collectif d’écriture Wu Ming crée un artéfact littéraire audacieux qui joue avec les genres littéraires, explore les délires révolutionnaires et psychiques, les rêves et la réalité.

Evaluation :

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