dimanche , 15 septembre 2019
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Promenades avec les hommes

Auteur: Ann Beattie

Editeur: Points – 2013 (108 pages)

Lu en 2014

promenades avec les hommesMon avis: Bon ben, faut bien que je le reconnaisse, y a quelque chose qui m’échappe.
Vous me direz que ça arrive à tout le monde, qu’on ne peut pas toujours tout comprendre, et que donc ce n’est pas si grave.
Sauf qu’ici, ce n’est pas seulement grave, c’est carrément dramatique, puisque ce qui m’échappe, c’est la raison pour laquelle Ann Beattie a écrit ce bouquin. Et vous conviendrez que c’est tout de même un comble pour un lecteur de ne pas comprendre ce qu’un auteur a voulu lui dire à travers son roman.
D’ailleurs, parlons-en, de ce roman. Roman ou longue nouvelle, peu m’importe la controverse, constatons simplement que cette histoire tient en 100 pages. Et c’est bien assez.
Or donc, nous avons une jeune femme, Jane, récemment diplômée de Harvard (donc brillante). Nous avons également un premier homme, Ben, avec qui elle vit dans une ferme au fin fond du Vermont. Puis vient le bouleversement d’une vie, quand Jane connaît ses 5 minutes de célébrité après une interview donnée au New York Times (excusez du peu) « sur les cause de la désillusion de [sa] génération ». C’est alors que, par l’odeur alléché, surgit un deuxième homme, Neil, qui effacera sans peine le premier.
Remarquez, il ne faut pas en vouloir à Jane d’avoir succombé : comment une jeune fille naïve et innocente pourrait-elle résister au charme d’un riche professeur deux fois plus âgé qu’elle, qui promet de lui expliquer « tout ce que vous souhaitez savoir sur les hommes ». Rien que ça. Franchement, vous ne l’auriez pas trouvé craquant, vous ?
Et voilà Jane qui laisse tomber Ben pour emménager avec Neil. Et ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants (happy end) ? Non, c’est quand même un peu plus compliqué. D’abord Jane apprend que Neil est marié. Cris, larmes, rage, désespoir. Séparation. Puis retrouvailles deux semaines plus tard, divorce et remariage avec Jane. C’est donc la belle vie pour Jane, qui travaille vaguement pour Neil, puis réalise un documentaire qui recevra un Oscar (re-excusez du peu).
Et puis un jour, Ben meurt percuté par un train. Et un autre jour, Neil annonce à Jane qu’il va disparaître. Et de fait, il se volatilise à jamais.
« Et alors ? » eh bien… c’est tout.
« Mais ça ne ressemble à rien !? » eh bien… en effet.
C’est invraisemblable, pas un gramme de crédibilité.
Et si au moins il y avait du contenu…Mais non, on retient juste que Jane se laisse entretenir et manipuler plus ou moins consciemment par son vieux beau. On a du mal à croire que Jane ait réellement été un jour amoureuse de Ben ou de Neil. On dirait qu’elle est anesthésiée, et comme elle, on ne ressent rien. Sauf de l’agacement. C’est vide, et ça laisse donc de la place pour les références intellos à l’élite culturelle américaine, et pour le placement de marques : Barbour, Burberry, Orangina, Veuve Clicquot, Birkenstock, BMW, Tiffany, Corona, UPS et j’en passe.
Et si au moins les personnages étaient sympathiques…Mais non, ils apparaissent superficiels, snobinards, inaboutis, caricaturaux pour certains. Entre Jane, gourde mais brillante (elle m’a rappelé Anastasia de 50 Shades of Grey – désolée, on a les références qu’on peut…), victime consentante de l’imbuvable Neil, et Ben qui finit en gourou yoguiste illuminé, ils sont insupportables.
Et si au moins c’était bien écrit…Mais non, c’est confus, chronologiquement déconstruit, on n’identifie pas toujours qui dit quoi à qui. Et cet effet de style consistant à répéter une scène en la racontant du point de vue d’une autre personne, c’est audacieux, mais au vu du reste, c’est surtout prétentieux, comme certains dialogues à la limite de l’absurde tant ils sont abscons. C’est pédant au possible.
Et donc en ce qui me concerne, ces « promenades », je les envoie balader.

Présentation par l’éditeur:

Attiré par ce qui brille, le prédateur fond sur sa proie. Jane, fraîchement diplômée de Harvard, connaît la renommée lorsqu’elle est interviewée par le New York Times. Elle rencontre alors Neil, professeur entre deux âges, séducteur invétéré. Et l’amour frappe, fort. Jane quitte tout pour le suivre et vit dans l’ombre de son mentor. Un jour, il disparaît. Elle ne le reverra jamais. A-t-elle rêvé ?

Evaluation :

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