dimanche , 22 septembre 2019
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La singulière tristesse du gâteau au citron

Auteur: Aimée Bender

Editeur: Points – 2014 (330 pages)

Lu en 2014

la singulière tristesseMon avis: Avec ce titre et cette couverture, je craignais le pire, genre objet commercial qui aurait surfé sur la vague gastronomique popularisée par la téléréalité, avec en prime un titre et des couleurs flashy qui font penser à l’oeuvre de Katherine Pancol.
Heureusement, on n’en est pas là, même si, malheureusement, on n’atteint pas pour autant le chef-d’oeuvre non plus. Ni fast-food ni cuisine étoilée…
Revenons à nos oignons : Rose, gentille fillette de 9 ans, mord un beau jour dans un beau gâteau préparé par sa maman. Cette première bouchée, qui aurait dû être un plaisir minuscule, est le début d’un enfer culinaire pour Rose : désormais, à chaque aliment ou plat qu’elle goûte, elle ressent à travers ses papilles l’état d’esprit de la personne qui l’a préparé. Le moindre bonbon peut prendre un goût de plâtre ou de cendre. Pour survivre et surtout éviter de trop souffrir en absorbant la tristesse du monde, la petite en vient à se cantonner aux plats préparés, aux saveurs chimiques, aux aliments industriels, pour lesquels l’Homme n’a guère mis la main à la pâte.
Pour ajouter à son malheur, Rose est incomprise des adultes, qui n’y voient qu’un caprice de petite fille. Seul George, le copain de son frère, l’écoute et tente de l’aider. Mais en dehors de lui, Rose grandit solitaire, livrée à elle-même entre une mère mal dans sa peau, un père absorbé par son travail et un grand frère au comportement mystérieux.
C’est cette traversée du désert, de l’enfance à l’âge adulte, que nous conte l’auteur, dans cette fable plus amère que douce, où chaque personnage, en plus de se débattre avec lui-même, se sent coincé dans cette cellule familiale trop étroite.
Il ne se passe pas grand-chose dans cette histoire, on s’y ennuie un peu, puis ça se précipite dans le dernier tiers, tout en restant un peu bâclé ou inachevé. Le style est agréable et fluide mais, me semble-t-il, pas toujours en phase avec l’âge de Rose, la narratrice.
Cette chronique de la vie d’une famille américaine somme toute banale et finalement attachante, est teintée d’une sorte de réalisme magique version déprime. Le roman, qui se referme malgré tout sur une petite pincée d’espoir, est à l’image du gâteau : triste et singulier…

Présentation par l’éditeur:

Le jour de ses 9 ans, Rose mord avec délice dans son gâteau d’anniversaire. S’ensuit une incroyable révélation : elle ressent précisément le mal-être éprouvé par sa mère en le préparant. Car, dans sa famille, chacun dispose d’un pouvoir unique, qu’il doit taire ; pour ces super-héros du quotidien, ce don est un fardeau. Comment supporter le monde quand la moindre bouchée provoque un séisme intérieur ?

Une citation: 

“On se sent si seul quand tout va mal et qu’on voit des inconnus faire du shopping”.

Evaluation :

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