jeudi , 9 avril 2020

Avant la longue flamme rouge

Auteur: Guillaume Sire

Editeur: Calmann-Lévy – 2 janvier 2020 (336 pages)

Lu en janvier 2020

Mon avis: En 1971, le Cambodge est en pleine guerre civile. Le roi Norodom Sihanouk vient d’être destitué par le général Lon Nol. Celui-ci, désormais allié aux Etats-Unis, tente de résister à la montée en puissance des Khmers rouges. Dans ce contexte, Phnom Penh, la capitale, est encore relativement préservée, et la famille de Saravouth, onze ans, vit à peu près normalement. Le père est un fonctionnaire intègre, la mère est enseignante au lycée français de la ville, Saravouth et sa petite sœur Dara sont des enfants intelligents et un peu solitaires, à qui leur maman lit de belles histoires le soir. Grâce à Peter Pan, à l’Iliade et à l’Odyssée, Saravouth et Dara ne cessent d’enrichir leur “Royaume Intérieur”, un monde imaginaire où toutes les inventions et les aventures sont permises. Mais l’étau se resserre peu à peu autour de cette famille-modèle, catholique, tranquille. Un enlèvement, une fusillade, et Saravouth se retrouve seul dans la forêt, gravement blessé. Recueilli par une vieille guérisseuse, il ignore ce qui est arrivé à ses parents et à sa sœur, et veut partir à leur recherche. Convaincu qu’ils l’attendent tranquillement à la maison, son idée fixe est de rallier Phnom Penh. Mais le retour vers la capitale assiégée est semé d’embûches et de violences inouïes, tandis que les conditions de vie en ville deviennent dantesques : l’afflux massif de réfugiés, les combats qui se rapprochent, les tirs de roquette, les vols, les viols, les meurtres, les trahisons, la promiscuité, les rats, la faim et le manque de tout, jusqu’à la chute…

Inspiré d’une histoire vraie, ce récit est très dur. Les mots de René Char, l’auteur préféré de la mère de Saravouth, “Il faut trembler pour grandir“, sont ici poussés à l’extrême. C’est le récit d’une enfance meurtrie à jamais, qui tente de se protéger des atrocités de “l’Empire extérieur” en se réfugiant dans l’imaginaire. C’est celui d’une volonté acharnée de retrouver les siens, mais aussi d’un effarant stress post-traumatique à retardement, une défaite intérieure et un pays perdu, et des blessures irréparables. Ce sont aussi des personnages attachants, des scènes à la limite du soutenable, d’autres poignantes, une narration à hauteur d’enfant. Une Odyssée terrible qui s’achève au-delà des pages, si l’on veut bien suivre la suggestion de l’auteur dans l’épilogue…

En partenariat avec les Editions Calmann-Lévy via Netgalley.
#Avantlalongueflammerouge #NetGalleyFrance

Présentation par l’éditeur:

“Il essaye de courir en poussant sa famille devant lui, mais un hurlement ouvre le ciel et une mitraillette frappe des millions de coups de hache partout en même temps. Dans le Royaume, il y a des vrombissements lointains.”
1971 : le Cambodge est à feu et à sang. Saravouth a onze ans. Sa petite sœur Dara en a neuf. Leur mère enseigne la littérature au lycée français. Leur père travaille à la chambre d’agriculture. Dans Phnom Penh assiégée, le garçon s’est construit un pays imaginaire : le “Royaume Intérieur”.
Mais un jour, la guerre frappe à sa porte. Les fondations du Royaume vacillent. Séparé de ses parents et de sa sœur, réfugié dans la forêt sur les rives du Tonlé Sap, Saravouth devra survivre dans un pays en plein chaos, animé par une volonté farouche de retrouver sa famille.
Inspiré d’une histoire vraie, ce roman restitue une épopée intérieure d’une rare puissance.

Evaluation :

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