lundi , 16 septembre 2019
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Chronique d’une mort annoncée

Auteur: Gabriel Garcia Marquez (Prix Nobel de littérature 1982)

Editeur: Le Livre de Poche – 1987 (116 pages)

Lu en 2014

chronique d'une mort annoncéeMon avis: Il ne manque pas d’air, ce sacré Gabo. Il nous annonce d’emblée l’identité de la victime et celle des assassins. Avouez qu’on aurait là un bien mauvais polar. Mais évidemment, ceci n’est pas qu’une histoire policière.
Ainsi donc, dès le début le narrateur nous explique comment ça va finir : le malheureux Santiago Nasar va périr sous les coups de couteau des jumeaux Pablo et Pedro Vicario, obligés de laver ainsi l’honneur bafoué de leur soeur Angela. Coupables et victimes sont connus, le mobile un peu moins, mais il ne tardera pas à être expliqué. Où est donc l’intérêt de ce livre ? Bizarrement, le suspense (parce que, oui, il y a malgré tout du suspense) se trouve là où on ne l’attend pas. En effet, quelques heures avant la tragédie, tout le village (à l’exception de la victime) sait ce qui va se passer. Mais personne ne veut/ne peut l’éviter. Un enchaînement invraisemblable de circonstances, de malentendus et de bonne ou mauvaise volonté a rendu la mort de Santiago inéluctable. Ce sont ces dernières heures que le narrateur retrace, à la façon d’une enquête, en recoupant les témoignages des nombreux protagonistes. Il délivre les pièces du puzzle, dans le désordre, remontant plus loin dans le passé à la recherche des racines du mal. Quelle est la cause première de ce drame ? l’arrivée de l’excentrique Bayardo San Roman, dont le seul objectif semble être d’épouser une fille quelconque du village ? l’étouffoir dans lequel Pura Vicario maintient sa dernière fille Angela, laquelle passe pour gourde dans toute la région ? ou encore l’indigence morale des habitants, enfermés dans leurs préjugés et leurs superstitions ?
Malgré un flot de personnages un peu étourdissant, le récit est captivant, hallucinant tant il est difficile de comprendre pourquoi ce gâchis n’a pu être évité.
Et puis, et c’est là la patte d’un grand, Garcia Marquez ne nous parle pas que de Santiago Nasar : causes, conséquences, effets, coïncidences, fatalité, responsabilité, vie, amour, mort, deuil, honneur, fierté, vérité et mensonges, petits et grands, tous ces enchaînements chaotiques, c’est la vie, c’est universel.
Et parfois ça vaut un Prix Nobel.

Présentation par l’éditeur:

Les frères Vicario ont annoncé leur intention meurtrière à tous ceux qu’ils ont rencontrés, la rumeur alertant finalement le village entier, à l’exception de Santiago Nasar. Et pourtant, à l’aube, ce matin-là, Santiago Nasar sera poignardé devant sa porte.

Pourquoi le crime n’a-t-il pu être évité ? Les uns n’ont rien fait, croyant à une simple fanfaronnade d’ivrognes ; d’autres ont tenté d’agir, mais un enchevêtrement complexe de contretemps et d’imprévus – souvent joyeusement burlesques –, et aussi l’ingénuité ou la rancœur et les sentiments contradictoires d’une population vivant en vase clos dans son isolement tropical, ont permis et même facilité la volonté aveugle du destin. Chronique d’une mort annoncée est un roman hallucinant où l’humour et l’imagination du grand écrivain colombien, prix Nobel de littérature, se débrident plus que jamais pour créer une nouvelle et géniale fiction sur les thèmes éternels de l’honneur et de la fatalité.

Evaluation :

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2 commentaires

  1. Avatar

    j’ai bien aimé aussi. “Cent ans de solitude” m’attend depuis un moment…

    • Sylvie

      J’ai lu “Cent ans de solitude” il y a longtemps. Je ne m’en souviens pas assez pour en faire une critique, mais il m’en est resté une impression mitigée. C’est peut-être parce que je l’avais lu en espagnol, et que je ne maîtrisais pas assez la langue pour saisir toutes les subtilités du texte.

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