samedi , 24 août 2019
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Le joueur et son ombre

Auteur: Brice Matthieussent

Editeur: Phébus – 15 août 2019 (185 pages)

Lu en juillet 2019

Mon avis: Chris Piriac est un jeune joueur de tennis professionnel australien. A 20 ans, il est déjà le meilleur, un génie, un dieu des courts. Et en plus de cela, un parfait gentleman du circuit, le plus fair-play, le plus calme, le plus modeste. Ce en quoi il ne ressemble pas du tout à son père, qui est aussi son entraîneur, et avec qui les relations sont compliquées. Un coach à la dure, aux méthodes quasi-militaires, mais qui dans les gradins se comporte en crétin, arborant fringues et accessoires tape-à-l’œil et attitudes braillardes du plus mauvais goût, au point d’être, à son insu (crétin, vous disais-je), la risée de tous et la plus grande honte de son fils.
Ses victoires sur les courts ouvrent à Chris les portes des soirées mondaines les plus huppées, et il se met à participer frénétiquement à cette vie de noctambule et à son cocktail d’alcool, de sexe et de drogue, tout en méprisant la superficialité de cette société friquée. Mais à force de noce et de débauche, Chris est pris dans une spirale infernale : accès de violence et mauvais résultats s’enchaînent, et le futur ex-prodige prend goût à cette décadence. Il met désormais un point d’honneur à passer pour un bad boy sulfureux, et en arrive à se persuader que pour pouvoir retrouver les sommets il faut d’abord chuter au plus bas. Mauvais calcul, mauvais karma, cela ne fonctionnera pas.
Grandeur et décadence dans le milieu de la petite balle jaune, ce roman raconte l’ascension fulgurante d’un champion à qui la gloire aurait pu sourire pendant des années, mais qui a préféré se laisser entraîner par les griffes de ses démons dans un abîme sans fond. “Un roman sur nos pulsions et notre désir de chute”, certes, même si je n’ai pas vraiment compris ici le pourquoi de ces pulsions et désir, et que je ne vois donc pas comment m’y identifier. Evidemment, raconté à la première personne, on n’a pas de point de vue extérieur et objectif, et en l’occurrence les explications du narrateur relèvent plus du mystique que du psychologique.
Les fans de tennis (dont je suis) pourront apprécier les nombreuses références au circuit professionnel. Pour le reste, le style est impeccable mais globalement cette histoire ne m’a pas captivée : il ne s’y passe pas grand-chose, je ne suis pas vraiment arrivée à m’attacher à ce personnage ni à m’intéresser à ses états d’âme. En ce qui me concerne, ce roman ne fait pas partie des « big three » de la rentrée littéraire.

En partenariat avec les Editions Phébus via Netgalley.

#LeJoueurEtSonOmbre #NetGalleyFrance

Présentation par l’éditeur:

« J’ai perdu à la loyale, sans avoir recours au moindre stratagème douteux ni à la moindre tricherie. Après le dernier point du second set, une ivresse sans précédent m’a submergé, plus grisante que celle de mes nuits ; j’ai lâché ma raquette, je me suis laissé tomber à genoux, pris la tête entre les mains sans arriver à y croire, puis j’ai embrassé les fissures de ce court bosselé où, en perdant mon dernier match, je venais de gagner un avenir radieux. J’avais les larmes aux yeux quand je me suis relevé pour rejoindre le Nippon décontenancé près du filet. Il a dû attribuer mes pleurs à la déception, à l’humiliation. Mais en même temps que les larmes ruisselaient sur mes joues, j’arborais un sourire éclatant. J’étais aux anges. »
En suivant un joueur de tennis prodige, Brice Matthieussent nous offre un roman sur nos pulsions et notre désir de chute.

Evaluation :

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