vendredi , 18 août 2017
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Réparer les vivants

Auteur: Maylis de Kerangal

Editeur: Folio – 2015 (304 pages)

Lu en juin 2017

Mon avis: 24 heures dans la vie d’un coeur, celui de Simon Limbres, 19 ans, qui passe en moins d’une journée dans la poitrine de quelqu’un d’autre, malade cardiaque, prioritaire sur la liste des receveurs d’organes.
Tout avait pourtant bien commencé, ce matin-là, même si c’était un dimanche en plein hiver à 5h50 du matin, un moment un peu dingue pour faire du surf. Mais au retour, l’accident. Mort cérébrale. Les faits s’enchaînent alors, logiquement, prévisiblement : prévenir les parents, les laisser encaisser le choc avant d’en amorcer un deuxième : Simon aurait-il accepté de faire don de ses organes ? Violence de la question, délai de réflexion, oui, non. Forcément c’est oui, sinon la quatrième de couverture ne dirait pas que ceci est « le roman d’une transplantation cardiaque ».
Dans « Réparer les vivants », on parle donc de coeur, en tant qu’organe devenu inutile chez celui dont le cerveau a grillé, mais espoir de vie pour celui/celle qui est sur le point de perdre le sien (de coeur) ou la sienne (de vie). Il n’y est donc pas tant question du coeur romantique, le siège des sentiments, au centre des histoires d’amour. Quoique. Il est beaucoup question des états d’âme des uns et des autres, de ce qui se passe dans leurs têtes, et dans leurs coeurs, donc.
Il y a là tous les ingrédients d’un roman captivant, urgence, tension, drame, questions existentielles, générosité, compassion, l’amour, la mort, la vie, le tout lu et approuvé par les jurys de nombreux prix littéraires.
Et pourtant, quelle déception. Rien à voir avec le sujet, tout à fait intéressant, mais tout à redire sur le style. Phrases kilométriques, vocabulaire alambiqué, digressions incongrues et gratuites sur des personnages secondaires. Et à force de vouloir éviter le pathos, l’auteure a réussi à ne me faire ressentir d’empathie pour aucun des protagonistes. Tout cela est disséqué, froid et clinique, approprié à une salle d’opérations. Mais à un roman qui parle du coeur, l’origine de tant d’émotions, et qui aborde un sujet aussi douloureux ?
J’aurais voulu aimer ce livre, mais je m’y suis ennuyée. L’engouement qu’il a suscité m’échappe.

Présentation par l’éditeur:

« Le coeur de Simon migrait dans un autre endroit du pays, ses reins, son foie et ses poumons gagnaient d’autres provinces, ils filaient vers d’autres corps ».

« Réparer les vivants » est le roman d’une transplantation cardiaque. Telle une chanson de geste, il tisse les présences et les espaces, les voix et les actes qui vont se relayer en vingt-quatre heures exactement. Roman de tension et de patience, d’accélérations paniques et de pauses méditatives, il trace une aventure métaphysique, à la fois collective et intime, où le coeur, au-delà de sa fonction organique, demeure le siège des affects et le symbole de l’amour.

Evaluation :

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2 commentaires

  1. Je n’ai jamais réussi à m’accrocher à ce livre… trop entendu parler sans doute !

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