samedi , 24 juin 2017
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Le monstre sacré

Auteur: Elia Kazan

Editeur: Stock – 1990 (521 pages)

Lu en mai 2017

Mon avis: Interminable.
C’est dingue le temps qu’il m’aura fallu pour venir à bout de ce bavardage de 520 pages. Laissez-moi vous raconter : Sonny (le narrateur) est comédien de théâtre à Broadway. Il doit sa carrière à une ancienne gloire des planches, Sidney Castleman, qui lui mit le pied à l’étrier en l’embauchant comme doublure.
Vingt ans après, les rôles sont inversés. Sidney, l’ex-monstre sacré, fait fuir tous les metteurs en scène avec sa grandiloquence has been, qui fait de lui un acteur grotesque et pathétique. C’est désormais lui qui est la doublure (notez que le titre original « The understudy », contrepied du titre français, se traduit littéralement par « la doublure ») de Sonny, dont la cote ne cesse de monter. Celui-ci, que ce soit par gratitude, sentiment de culpabilité ou de responsabilité envers ce père spirituel vieillissant, se sent obligé de faire l’aumône à Sidney, en lui offrant ces doublures ou des billets de 20 dollars. Mais Sidney, loin d’être reconnaissant, est un emmerdeur de première, exigeant, capricieux, ingrat, moqueur et égoïste. Sonny, coincé entre sa femme, qui trouve Sidney bien encombrant, et ce dernier, qui reste malgré tout son ami, décide de prendre l’air quelque temps et part, seul, en safari en Afrique.
Au cours de ce voyage improbable, Sonny, victime d’une étrange fièvre, aura une conversation hallucinée avec un vieux lion (un vrai), dont il sortira transformé, même si le lecteur n’y a rien compris. Bref, il rentre à New York, retrouve sa femme que l’insécurité et la violence de la ville rendent hystérique, et Sidney, toujours aussi imbuvable, qui a enfin trouver un « mécène » pour financer la pièce qu’il rêve de monter depuis des années. Sauf que ledit « mécène » s’avère faire partie de la pègre locale, et que voilà donc Sonny embarqué dans des affaires louches, aux prises avec la police et des truands de seconde zone qui veulent ça peau (là non plus j’ai pas tout compris). Avec le paradoxe que c’est au moment où Sonny a les pires ennuis (et qu’il se montre donc plutôt négligent dans son travail) qu’il connaît la gloire et les contrats à cinq chiffres. Et avec le mystère que c’est aussi à ce moment qu’il place sa loyauté envers Sidney au premier plan, quitte à mettre sa famille et sa propre vie en danger.

Elia Kazan était peut-être un grand metteur en scène et réalisateur, mais un grand écrivain, je n’en suis pas sûre… Dans ce roman foutraque, on capte bien qu’il s’apitoie sur la disparition de la grande époque du théâtre de Broadway, crache sur Hollywood et la télévision et critique la violence croissante à New York. A part ça, je n’ai pas compris où il voulait en venir, ce monstre sacré…

Présentation par l’éditeur:

Après « L’arrangement » et « Les assassins », voici le troisième grand roman d’Elia Kazan, le meilleur de l’aveu de tous les critiques. Le narrateur, Sonny, est un acteur qui a réussi à Broadway sous la protection d’une grande vedette, Sidney, lequel pendant vingt ans a été un monstre sacré du théâtre. Peu à peu son étoile a décliné et l’élève a pris la place du maître, et le maître en quelque sorte celle de l’élève. Déchiré entre les exigences de sa femme Ellie et celles d’un Sidney impérieux et vieillissant, Sonny décide d’abandonner son vieil ami et d’aller se changer les idées au Kenya.
Mais au cours d’un singulier safari, Sonny s’apercevra qu’il est plus lié à Sidney qu’il ne s’en rendait compte et, à son retour à New York, tout sera encore plus compliqué qu’à son départ. Sidney exige que Sonny l’aide à monter la pièce, Titan, qu’il veut jouer depuis des années. II a trouvé un financier en la personne -d’un des maîtres du c milieu » new-yorkais, Bernie. Sonny, en fait, se trouve bientôt aux prises avec d’une part Bernie, sur lequel il sait trop de choses, et d’autre part la police. Traqué, Sonny n’a plus le temps de faire du bon travail d’acteur appliqué et contre toute attente, il rencontre alors le succès. Sidney, qui a un cancer, va mourir continuant à hanter Sonny – qui écrit ce livre.

Kazan, qui fut acteur pendant huit ans, n’a pas caché que tous les personnages de son roman étaient des aspects de sa personne, et en particulier bien sûr le narrateur et son double en monstre sacré. 

Evaluation :

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