dimanche , 15 septembre 2019
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Des fleurs pour Algernon

Auteur: Daniel Keyes

Editeur: J’ai lu – 2001 (256 pages)

Lu en 2013

des fleurs pour algernonMon avis: Préparez-vous à une plongée en science-fiction…Rassurez-vous, de la SF « soft », sans Martiens ni combats intergalactiques. Nous restons sur la Terre, peuplée d’êtres humains. Nous sommes à New York dans les années 50-60. Rien d’extraordinaire pour vous, juste un petit effort pour retourner dans le temps et traverser l’Atlantique. Et imaginer…
Imaginez…Vous vous appelez Charlie, vous avez 30 ans, un travail, des amis, il ne vous manque rien, sauf d’être « un téligent ». Car oui, vous avez 30 ans, un travail et des amis, mais vous êtes attardé mental. Mais vous avé trè envi d’apprendre à lir et écrire, é ôsi d’ètre com lé zôtre.
Alors, quand de brillants neurochirurgiens vous expliquent qu’ils ont réussi à rendre Algernon (une souris de laboratoire) super-intelligente grâce à une opération du cerveau, et que cette opération pourrait être tentée sur un humain, et que cet humain pourrait être vous, Charlie, vous acceptez, malgré les risques et les incertitudes quant au succès de cette expérience.
Les médecins vous demandent alors de rédiger une sorte de journal, une suite de comptes-rendus au jour le jour, dans lesquels vous racontez cette expérience à votre façon, avec vos moyens intellectuels du moment. Au début c’est difficile, vous faites beaucoup de fautes, vous n’avez pas l’impression d’être devenu intelligent et ça vous déçoit, ça vous énerve. Puis vous comprenez que ça va prendre du temps. Mais de fait, en quelques semaines, vous devenez littéralement un petit génie, vous faites exploser les tests de QI, vous devenez un « monstre » d’intelligence, presque une bête de foire. Tout cela est très difficile à gérer émotionnellement, et vous vous posez beaucoup de questions, auxquelles tous les livres que vous ingurgitez ne répondent pas. Vous vous rendez compte que ceux que vous appeliez « amis » quand vous étiez attardé, en réalité se moquaient de vous, et qu’aujourd’hui que vous êtes beaucoup plus savant qu’eux, vous rejettent. Vous comprenez que la connaissance ne rend pas heureux, dès lors qu’elle ne livre pas les clés de l’intelligence émotionnelle. Vous vous sentez seul, incompris. Vos relations avec les femmes, surtout Alice, sont compliquées. Vous ne savez pas qui vous êtes : êtes-vous toujours Charlie l’attardé devenu intelligent, êtes-vous devenu un autre, Charlie le génie tiré du néant par la grâce de la Science ?
Pire, quand on s’aperçoit qu’Algernon la souris semble régresser, vous prenez peur. Vous vous rebellez. Puis vous pensez à votre chance et vous décidez de mettre votre intelligence au service de l’expérience, avant qu’il ne soit trop tard. Vous engagez une course contre la montre et contre la déchéance.
Mais vous continuez à vous débattre avec ce dilemme qui vous est insurmontable : que souhaitez-vous : être aimé ou être intelligent ? Et qui est ce jeune simplet de Charlie qui vous observe dans votre miroir ? Hallucination ou subconscient ?
Nous lecteurs, nous connaissons la fin. Vous, Charlie, au moment où vous terminez votre dernier compte-rendu, pas encore. Mais vous nous demandez de continuer à fleurir la tombe d’Algernon.
Maintenant revenez sur terre, ici et aujourd’hui. Vous avez refermé le livre, mais vous n’oublierez ni Algernon, ni Charlie. Comme eux, vous ne sortez pas indemne de cette histoire, votre cerveau aussi a été trituré par cette expérience. Emu aux larmes, bouleversé ou à tout le moins interpellé, vous continuerez longtemps à vous poser des questions sur la Science et les scientifiques, l’intelligence et la nature humaine. Et ça, ce n’est pas de la SF, c’est une certitude.
 Présentation par l’éditeur:
Algernon est une souris dont le traitement du Pr Nemur et du Dr Strauss vient de décupler l’intelligence. Enhardis par cette réussite, les savants tentent, avec l’assistance de la psychologue Alice Kinnian, d’appliquer leur découverte à Charlie Gordon, un simple d’esprit. C’est bientôt l’extraordinaire éveil de l’intelligence pour le jeune homme. Il découvre un monde dont il avait toujours été exclu, et l’amour qui naît entre Alice et lui achève de le métamorphoser. Mais un jour, les facultés supérieures d’Algernon commencent à décliner…
 Quelques citations:
– “(…) Mais il a mis toute sa vie dans cette affaire. Il n’est ni Freud, ni Jung, ni Pavlov, ni Watson, mais ce qu’il fait est important et je respecte la manière dont il s’y consacre – et peut-être plus encore parce qu’il n’est qu’un homme ordinaire qui essaie de faire une oeuvre de grand homme, alors que les grands hommes sont tous occupés à faire des bombes”.
– “Mais j’ai appris que l’intelligence seule ne signifie pas grand-chose. Ici, dans cette Université, l’intelligence, l’instruction, le savoir sont tous devenus de grandes idoles. Mais je sais maintenant qu’il y a un détail que vous avez négligé: l’intelligence et l’instruction qui ne sont pas tempérées par une chaleur humaine ne valent pas cher. (…) L’intelligence est l’un des plus grands dons humains. Mais trop souvent, la recherche du savoir chasse la recherche de l’amour.(…) l’intelligence sans la capacité de donner et de recevoir une affection mène à l’écroulement mental et moral, à la névrose, et peut-être même à la psychose. Et je dis que l’esprit qui n’a d’autre fin qu’un intérêt et une absorption égoïstes en lui-même, à l’exclusion de toute relation humaine, ne peut aboutir qu’à la violence et à la douleur”.
– “Le langage est parfois un obstacle au lieu d’un moyen de communication”.

 

Evaluation :

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