dimanche , 22 avril 2018
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Extrêmement fort et incroyablement près

Auteur: Jonathan Safran Foer

Editeur: Points – 2007 (460 pages)

Lu en février 2015

extrêmement fortMon avis: Extrêmement creux et incroyablement lourd.
Je suis bien consciente que je ne vais pas me faire que des amis en affirmant cela, mais, aussi incroyable et extrême que cela paraisse, je ne comprends pas ce qui a fait le succès de ce roman. On peut sans doute trouver un début d’explication dans le fait que l’auteur ait tiré la grosse ficelle facile de l’émotion provoquée par le 11 Septembre. Quoi de plus poignant, a priori, que la quête désespérée d’un petit garçon cherchant à comprendre l’injustice d’avoir perdu son papa dans l’effondrement des tours du WTC ?
Pourtant je n’y ai pas cru.Le personnage d’Oskar, 9 ans, ne suscite guère l’empathie : enfant surdoué mais quasiment dépourvu d’intelligence émotionnelle, égocentrique et nombriliste au comportement à tendance autistique (dans le sens péjoratif du terme, hein, pas médical), ses connaissances sont celles d’un futur petit génie, mais sa façon de s’exprimer reste puérile, avec quantité de tics de langage horripilants.
Ensuite, si la quête d’Oskar présente un aspect original dans la mesure où, pour une fois, on ne cherche pas la clé d’un quelconque mystère, mais bien la serrure qui correspondra à une clé donnée au départ, les péripéties qui entourent cette chasse au trésor sont bien peu vraisemblables, sans compter qu’on apprend vers la fin que tout ça n’était en grande partie qu’un trompe-l’oeil. Double déception, qui n’est pas compensée par l’histoire des grands-parents d’Oskar, intercalée dans l’intrigue principale. Cette plongée dans le passé qui rattrape le présent est ennuyeuse, laborieuse, farfelue, inutile, artificielle. En tout cas je n’y ai rien compris, sauf peut-être que c’était un parallèle tenté par l’auteur entre les attentats de New-York et la destruction de Dresde pendant la 2ème guerre mondiale (avec au passage l’exploitation émotionnelle d’un autre drame ? ce n’était pourtant pas la peine d’en rajouter). Et ceci m’amène au pompon du « too much » : le style. Insertion de photos ? Ok, admettons, c’est sympathique et ça n’arrive pas dans tous les romans. Fallait-il pour autant y mettre la séquence d’images montrant une silhouette se jetant du haut d’une des tours jumelles ? C’est d’un glauque… Puis les pages avec une seule phrase, voire blanches, et les autres « trouvailles » typographiques, quel intérêt ? J’ai trouvé ce style prétendument « original » plus lourdingue qu’audacieux, manoeuvre pathétique et prétentieuse de l’auteur pour combler un récit somme toute assez pauvre sur le plan dramatique.
Il paraît que le film est bien plus émouvant, mais le livre ne m’a pas vraiment donné envie de le voir.

Présentation par l’éditeur:

Oskar, 9 ans, est surdoué, ultrasensible, fou d’astrophysique, fan des Beatles et collectionneur de cactées miniatures. Son père est mort dans les attentats du World Trade Center en lui laissant une clé. Persuadé qu’elle expliquera cette disparition injuste, le jeune garçon recherche la serrure qui lui correspond. Sa quête désespérée l’entraîne aux quatre coins de la ville où règne le climat délétère de l’après 11 septembre.

Evaluation :

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