mardi , 5 juillet 2022

Jetez-moi aux chiens

Auteur: Patrick McGuinness

Editeur: Grasset – 2020 (384 pages)/ Editions 10/18 – 20 janvier 2022 (384 pages)

Lu en mars 2022

Mon avis: Quelques jours avant Noël, le cadavre d’une jeune femme est retrouvé quelque part dans le sud de l’Angleterre. Deux policiers sont chargés de l’enquête : Ander, le narrateur, et Gary, son assistant.
Un suspect a rapidement été appréhendé : Mr Wolphram, voisin de la victime et professeur de lycée à la retraite. L’homme clame son innocence et, de fait, les preuves sont loin d’être accablantes. Mais le profil de Mr Wolphram joue en sa défaveur : c’est un solitaire, vivant dans une certaine aisance, ayant des goûts raffinés en musique, cinéma, voitures anciennes, toujours tiré à quatre épingles. Il n’en faut guère davantage pour que les tabloïds prennent le raccourci et le taxent d’étrange, puis de louche, puis de suspect, pour en arriver à le traiter de pédophile et d’assassin. Un lynchage médiatique en règle, amplifié par les réseaux sociaux et nourri par les « témoignages » (grassement rémunérés par les journaleux de caniveau) de voisins ou d’anciens élèves.
Au milieu de ce tumulte et malgré la pression, Ander n’est toujours pas convaincu de la culpabilité de Wolphram. Son propre passé lui revient en pleine face, en particulier ses années d’internat au lycée, où Mr Wolphram a été son professeur. Un pensionnat privé, chic et cher, dans lequel les problèmes de harcèlement étaient aussi courants qu’étouffés.

Si vous chercher un polar trépidant et plein de rebondissements, passez votre chemin, ce « Jetez-moi aux chiens » n’est pas pour vous. Ici le rythme est lent, presque contemplatif tant on a l’impression qu’il ne s’y passe rien et qu’en réalité tout se déroule dans le passé commun à Ander et Wolphram. Un fil relie cependant le passé et le présent : le harcèlement. Celui (même si on n’employait pas ce terme-là à l’époque) dont ont pu être victimes de nombreux enfants et adolescents dans les internats des années 90 en Angleterre de la part de leurs professeurs, et celui, contemporain et relayé par les réseaux sociaux et une certaine catégorie de médias, qui peut se déchaîner à l’encontre de tout qui ne correspondrait pas à la norme, et qui servirait par conséquent de bouc émissaire à la vindicte bien-pensante.
Un roman psychologique bien plus qu’un thriller, donc, finement mené dans une ambiance lourde et mélancolique, qui dénonce et décortique le processus du lynchage, et qui parle aussi des cicatrices laissées par les blessures d’enfance.

En partenariat avec les Editions 10/18 via Netgalley.

#Jetezmoiauxchiens #NetGalleyFrance

Présentation par l’éditeur:

Au sud de Londres, quelques jours avant Noël, est retrouvé le cadavre d’une jeune femme étranglée. Ander, officier de police, enquête sur le crime. Suspect : M. Wolphram, voisin de la victime, ancien professeur en retraite. Solitaire, excentrique, cet intellectuel timide aux goût pointus est le candidat idéal, surtout aux yeux de la presse et des réseaux sociaux, qui en font immédiatement un monstre à lyncher. Mais Ander en vient à se rappeler une autre affaire à laquelle l’enseignant avait été mêlé, des décennies plus tôt dans un pensionnat anglais où résidait le policier, alors adolescent, et au cours de laquelle Wolphram avait montré un autre visage… Alors le gentil professeur est-il coupable ou pas?

Evaluation :

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