dimanche , 15 septembre 2019
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La Ferme des Neshov

Auteur: Anne B. Ragde

Editeur: 10/18 – 2011 (349 pages)

Lu en 2013

la ferme des neshovMon avis: Au moment d’entamer le deuxième volume d’une saga, quelle qu’elle soit, et quand on a aimé le premier volet, la gourmandise se teinte d’appréhension, on se demande si on va retrouver le même plaisir de lecture, on craint que l’auteur ne s’essouffle sur la longueur. Foin de déception ici; non seulement c’est aussi bien, mais je dirais même plus, c’est encore mieux !
Pourtant, pas de grande nouveauté, de changement de rythme ou de style par rapport à La Terre des mensonges. Au contraire, on prend les mêmes et on continue. Après l’enterrement d’Anna et les révélations du repas de Noël à la ferme, tout ce petit monde semble avoir encaissé le choc. Lentement, les choses reprennent leur place et leur cours, et tout va même pour le mieux dans le meilleur des mondes. Erlend et Krumme sont plus amoureux que jamais, Torunn a rencontré l’homme de sa vie, même Margido a un rendez-vous galant ; Tor, à la ferme, a retrouvé ses porcs et a fini par s’habituer à l’aide-ménagère qu’on lui a collé dans les pattes contre son gré. Cerise sur le gâteau : les relations autrefois tendues entre les trois frères paraissent même se réchauffer peu à peu.
Mais évidemment, c’est alors que chacun semble sur la voie d’une certaine sérénité qu’on se dit que, forcément, ça ne va pas durer. Et de fait, bien vite Torunn déchante quant à son Romeo et doit se coltiner sa propre mère qui vient de se faire larguer, Krumme veut un enfant mais pas Erlend, Margido est pris de remords mystiques, et Tor se blesse gravement à la jambe.
On avance tout doucement vers le drame qui clôturera ce deuxième livre, et ce qui est remarquable, c’est que l’écriture est diabolique de simplicité : pas de rebondissements extravagants, pas de suspense insoutenable ni de phrases en suspension pour alimenter le mystère, mais un flot de détails de la vie quotidienne, de descriptions minutieuses des activités de chacun. Rien que de l’anodin, et paradoxalement, on s’attend à une catastrophe à chaque page tournée. On ne comprend pas pourquoi, mais la tension ne cesse de monter, alors même que les personnages, attachants, ne font que s’agiter dans leur train-train banal. Ajoutez à ça de l’humour, des sentiments (mais pas de sentimentalisme pleurnichard), et des émotions, et vous conclurez comme moi que Madame Ragde a bien du talent.

Présentation par l’éditeur:

Après l’enterrement de leur mère, les frères Neshov pensaient reprendre le cours de leur vie. Mais tout a changé : Erlend est confronté au désir d’enfant de son compagnon, Margido à sa solitude et Tor, l’aîné, vit mal son quotidien à la ferme, auprès du « père » … À leur insu, le drame couve et pour chacun d’eux, l’heure des choix a sonné.

Tendresse, humour et coups de théâtre : la saga familiale norvégienne d’Anne B. Ragde est un phénomène littéraire incontournable au succès mondial.

Une citation:

– “Il réfléchit à la question que Krumme lui avait posée, ce dont il avait peur, ce qui l’effrayait à l’idée d’être père. Il connaissait la réponse: il n’avait aucune enfance à transmettre, son enfance s’était construite sur un mensonge. Il n’avait rien à donner, il n’était personne”.

Evaluation :

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