dimanche , 22 octobre 2017
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Les buveurs de lumière

Auteur: Jenni Fagan

Editeur: Métailié – Rentrée littéraire 2017 (304 pages)

Lu en juillet 2017

Mon avis: Novembre 2020, il fait froid, polaire même. La Terre est sur le point d’entrer dans une ère glaciaire, les bulletins météo annoncent quatre mois de chutes de neige incessantes et des températures qui plongeront jusqu’à – 50°C. Même en Afrique.

Dans cette ambiance pré-apocalyptique, les résidents du parc de caravanes de Clachan Fells s’organisent tant bien que mal. Dans cette petite ville blottie au pied des montagnes dans le nord de l’Ecosse, Dylan, la trentaine, vient de prendre possession de la caravane que lui a léguée sa mère, lui qui, jusque là, avait toujours vécu à Londres, dans le petit cinéma d’art et d’essai de sa grand-mère, aujourd’hui en faillite pour l’un et décédée récemment pour l’autre. Pour lui, ce double (voire triple) deuil marque la fin d’un monde et le début d’une nouvelle vie. Qu’il rêverait de partager avec Constance, dont il tombe amoureux à peine l’a-t-il aperçue devant sa caravane. Constance, un peu hippie, un peu reine du système D, femme irrésistible et mère-louve, a une fille adolescente, Stella, qui jusqu’à l’année précédente était encore un petit garçon.

Pendant que la neige s’installe et que la température chute, ces trois personnages et les quelques autres marginaux du camping, pas très bien acceptés par les habitants bien-pensants, préparent la résistance au froid. On calfeutre les caravanes, on superpose les couches de vêtements, on empile les couvertures, on fabrique du gin. Parfois on part randonner dans la montagne, rouler à vélo sur la neige, ou on passe la nuit sur le toit à regarder les étoiles.

Une histoire de famille se démêle pendant que des histoires d’amours s’emmêlent, pendant que Stella, certaine d’être femme, se débat avec ses hormones qui lui disent qu’elle est un homme. Changements climatique, de vie ou d’identité, les certitudes vacillent. A quoi est-il plus difficile de résister : à la nature impitoyable ou à l’intolérance des hommes ?

Une chose est sûre : alors que « la fin est proche », on n’a pas envie de quitter ces personnages, parmi les plus attachants que j’ai croisés dans mes lectures. Malgré le froid et les sombres journées, ce roman est rempli de lumière et de tendresse, de lyrisme, de poésie et de beauté. Lisez-le, vous passerez l’hiver en douceur.

En partenariat avec les éditions Métailié.

Présentation par l’éditeur :

Le monde entre dans l’âge de glace, il neige à Jérusalem et les icebergs dérivent le long des côtes. Pour les jours sombres qui s’annoncent, il faut faire provision de lumière – neige au soleil, stalactites éclatantes, aurores boréales.
Dylan, géant barbu et tatoué, débarque au beau milieu de la nuit dans la petite communauté de Clachan Fells, au nord de l’Écosse. Il a vécu toute sa vie dans un cinéma d’art et essai à Soho, il recommence tout à zéro. Dans ce petit parc de caravanes, il rencontre Constance, une bricoleuse de génie au manteau de loup dont il tombe amoureux, et sa fille Stella, ex-petit garçon, en pleine tempête hormonale, qui devient son amie. Autour d’eux gravitent quelques marginaux, un taxidermiste réac, un couple de satanistes, une star du porno.

Les températures plongent, les journaux télévisés annoncent des catastrophes terribles, mais dans les caravanes au pied des montagnes, on résiste : on construit des poêles, on boit du gin artisanal, on démêle une histoire de famille, on tente de s’aimer dans une lumière de miracle.

Dans ce roman éblouissant au lyrisme radical, peuplé de personnages étranges et beaux, Jenni Fagan distille une tendresse absolue qui donne envie de hâter la fin du monde.

Evaluation :

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