lundi , 11 décembre 2017
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Les chroniques d’Edimbourg : 44 Scotland street – Edimbourg express – L’amour en kilt

Auteur: Alexander McCall Smith

Editeur: 10/18 – 2013 (1113 pages)

Lu en 2014

chroniques d'édimbourgMon avis: Quand on est fan d’Armistead Maupin, on se dit évidemment qu’A. McCall Smith a honteusement piqué l’idée à l’auteur quasiment culte des Chroniques de San Francisco. Mais en grattant légèrement, on comprend que ce n’est pas du plagiat, mais plutôt un challenge soumis à McCall Smith par The Scotsman, journal édimbourgeois.
Ces Chroniques ont donc d’abord paru sous forme de roman-feuilleton dans la gazette locale, à concurrence d’un épisode par jour. Un fameux défi pour un romancier, en raison des contraintes du genre : une forme courte au quotidien, mais qui doit tenir la longueur sur plusieurs mois et, le plus « challenging », amorcer à chaque épisode un rebondissement qui donne envie au lecteur de se jeter sur le journal le lendemain.
Comme leurs homologues san-franciscaines, les Chroniques d’Edimbourg racontent les petites histoires des occupants d’un immeuble, en l’occurrence le 44, Scotland Street, dans un quartier bobo-branché de la capitale écossaise. Tous un peu stéréotypés, on en croise des sympathiques, comme Patricia, étudiante un peu naïve, en année sabbatique, ou Domenica, intellectuelle sagace ; des excentriques tels Angus, peintre portraitiste, et Cyril, son chien à la dent en or ; des pathétiques, comme Matthew, dépourvu de la moindre once de personnalité. Et n’oublions pas le petit Bertie, 5 ans, précoce, qui n’en finit pas de tenter de se rebeller en silence et en douceur contre sa mère, qui voit en lui un futur Einstein, ou Mozart, ou tout autre génie du même acabit. Evidemment (l’être humain est ainsi fait – moi en tout cas), les épisodes les plus jouissifs sont ceux où l’auteur ridiculise les personnages les plus imbuvables, notamment Bruce, crétin narcissique puissance 10, et Irene, la mère de Bertie, frustrée par le vide de sa vie et qui projette ses désirs d’épanouissement intellectuel sur son fils, pardon, sur le « projet Bertie ».
Ce volume des Chroniques rassemble en fait les trois premiers tomes de la série (44, Scotland Street, Edimbougr Express et L’amour en kilt). Cela représente environ 1100 pages. Une belle brique où l’auteur s’amuse (et nous aussi, par la même occasion) à égratigner avec un humour plus ou moins féroce, le snobisme ambiant des milieux intello-artistico-politiques édimbourgeois.
Bien sûr, lire ce mille-feuilles d’une traite n’est peut-être pas à conseiller, parce que, forcément, à certains moments le récit s’essouffle, malgré le rythme enlevé dû à l’enchaînement des courtes saynètes. Et évidemment, il souffre de la comparaison avec son cousin américain, bien plus déluré et subversif (à l’époque), devenu un symbole de la communauté gay. Mais cela reste d’une lecture très agréable et souvent drôle. Parfait pour le métro, ou pour des vacances… en Ecosse ?

Présentation par l’éditeur:

Vous aimez les kilts, les chassés-croisés amoureux et la vie faussement tranquille des quartiers bohèmes ? Vous avez frappé à la bonne porte ! Entre les tergiversations sentimentales de Pat, les fantaisies de la doyenne MacDonald, ou la lutte précoce du petit surdoué, Bertie, pour s’émanciper d’une mère un peu timbrée, il y a bien du grabuge au 44 Scotland Street ! Chroniques croustillantes sur fond de satire sociale, la saga souffle sur Édimbourg un vent d’humour et de tendresse. Ce qui est sûr, c’est que les habitants bobos de McCall Smith n’ont pas fini de faire parler d’eux…

Quelques citations:

– « Sasha aimait savoir à quoi ressemblait l’écrivain avant de lire un livre. Somerset Maugham, par exemple, lui déplaisait physiquement, aussi n’avait-elle jamais rien lu de lui. Elle n’appréciait pas non plus l’apparence de certaines jeunes femmes écrivains, qui ne semblaient pas prendre la peine de se coiffer. Si elles ne se soucient pas de leurs cheveux, se soucieront-elles de leur prose? se demandait-elle ».

– « Cette conclusion la déprimait, mais il fallait se rendre à l’évidence: certaines relations n’étaient faites que d’attirance physique, quels que fussent les efforts que l’on déployait pour les anoblir. En fin de compte, la raison pour laquelle une personne restait avec une autre pouvait être une chose aussi dérisoire que la forme de son nez ».

Evaluation :

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