mardi , 29 septembre 2020

Manuel de survie à l’usage des incapables

Auteur: Thomas Gunzig

Éditeur: Au Diable Vauvert – 2013 (420 pages)

Lu en mai 2020

Mon avis: Bienvenue dans un monde d’hyper-consommation et de profit à tout crin.

Bienvenue dans un monde où l’être humain n’est plus qu’un outil de production parmi d’autres.

Bienvenue dans un monde où la surexploitation de la main-d’œuvre laisse les travailleurs lambda abrutis de fatigue après leurs journées d’un boulot aberrant, tout juste capables de pousser sur le bouton du micro-ondes et celui de la télécommande.

Bienvenue dans cette dystopie (si si, vous allez voir, on n’y est pas encore).

Parce que dans ce joyeux univers où les nouveaux temples sont les hypermarchés et les centres commerciaux, il est devenu possible de privatiser les ADN et de croiser son code génétique avec celui d’espèces animales, histoire de donner naissance à des êtres ayant certes l’aspect humain, mais porteurs des caractéristiques du loup, du mamba vert ou de la loutre.

C’est dans ce monde merveilleux qu’évolue Jean-Jean, agent de sécurité dans un supermarché. Une vie monotone, ennuyeuse, sans perspective, jusqu’au jour où il est impliqué dans le décès accidentel de Martine, caissière tout juste virée pour avoir perdu du temps à fricoter avec un collègue sur son lieu de travail (faute gravissime s’il en est, puisque autant de temps perdu à ne pas scanner les achats des clients impatients). Malheureusement pour la vie certes déprimante mais néanmoins paisible de Jean-Jean, les quatre fils-loups de Martine hurlent à la vengeance. S’ensuit une course-poursuite enragée et sanglante, qui mènera paradoxalement tout ce petit monde à un improbable retour à la nature.

Ce “Manuel de survie…” est à la fois une dystopie, un thriller rocambolesque et un roman noir, cynique et sans grand espoir, puisque même la mort est… comment dire… exploitée. Si le style n’a rien d’extraordinaire, le ton est à l’humour décalé, et la narration est cinématographique et rythmée : les chapitres sont courts, passant d’un personnage à l’autre avec force rebondissements. Satire décapante du consumérisme, ce “manuel” foutraque et pas inoubliable n’assurera peut-être pas notre survie dans ce monde de dingues, mais il permet au moins de passer un moment divertissant.

Présentation par l’éditeur:

Jean-Jean est agent de sécurité. Le jour, il travaille dans l’un des supermarchés appartenant aux discrets frères Eichmann. Le soir, il se fait régulièrement battre par sa femme. Blanc, Gris, Brun, et Noir sont les quatre enfants-loups d’une caissière cap-verdienne ayant contourné les lois du copyright reproductif. Ils sont impitoyables et prêts à tout pour parvenir à leurs fins. Alors quand Jean-Jean se retrouve malgré lui responsable de la mort de leur mère, c’est toute la meute qui part en chasse.

Avec une ironie noire et grinçante, Thomas Gunzig nous entraîne dans la logique d’un monde aussi drôle que perverti.

Evaluation :

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