mardi , 12 novembre 2019
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Retour à Managua

Auteur: Sergio Ramírez

Editeur: Métailié – 16 mai 2019 (336 pages)

Lu en juin 2019

Mon avis:Retour à Managua“, c’est le retour aux affaires de l’inspecteur Morales. Un retour pas des plus flamboyants : après son enquête précédente (“Il pleut sur Managua“, que je n’ai pas lu), Morales est passé du statut plus ou moins enviable d’inspecteur de police à celui, pas enviable du tout, de détective privé besogneux (mais honnête et droit), cantonné aux histoires d’adultère. En plus d’avoir perdu son prestige, il a perdu son acolyte de toujours, Lord Dixon, tué par balle. Il continue néanmoins à bénéficier des conseils de celui-ci, puisque son fantôme lui rend régulièrement visite. Doña Sofia, bien vivante pour sa part, ancienne femme de ménage du commissariat, a quant à elle été promue associée de l’agence de détectives de Morales. Celui-ci, ancien guérillero sandiniste, n’a pas voulu (en raison de l’honnêteté et de la droiture susmentionnées) s’enrichir sur le dos de la révolution lorsque celle-ci a viré de bord vers un capitalisme à tous crins, généreusement diffusé par les USA. Bref, sa situation financière et celle de son agence ne sont pas brillantes. Jusqu’au jour où un homme d’affaires riche et puissant s’adresse à lui pour retrouver sa belle-fille disparue. Tout en menant les recherches, Morales et son équipe comprennent que leur client n’a pas réellement envie de voir l’enquête aboutir. Et quand ils retrouvent la jeune femme, ils hésitent à la ramener au bercail…

J’avoue que j’ai eu du mal à m’intéresser à cette intrigue. Beaucoup (trop) de dialogues, des péripéties peu captivantes, des personnages secondaires qui font beaucoup trop d’ombre au principal que l’on perd presque en route, j’ai trouvé cette histoire un peu poussive et bavarde. Le roman vaut surtout pour sa galerie de personnages bigarrés et la plongée dans les bas-fonds de la capitale nicaraguayenne, dans une sorte de cour des miracles hantée par les laissés-pour-compte de la révolution, pervertie par la dictature, le néolibéralisme et la déglingue morale. Bourré d’humour noir, ce polar est une critique grinçante d’un pays gangrené par la corruption, qui reflète les désillusions de son auteur, lui-même ancien sandiniste convaincu et amèrement déçu par la Révolution.

En partenariat avec les Éditions Métailié.

Présentation par l’éditeur:

L’inspecteur Dolores Morales, ancien guérillero, n’a pas fait fortune comme beaucoup de ses camarades au moment où la révolution s’est convertie au capitalisme triomphant. Il est devenu détective privé, spécialisé bien malgré lui dans les affaires conjugales. Avec l’aide de Sofia, ex-femme de ménage dotée d’une morale révolutionnaire intraitable, renforcée par l’Église évangélique, et du fantôme de Lord Dixon, un ami tombé sous les balles, il est chargé de retrouver une très jeune fille à la demande de son beau-père, un homme d’affaires tout-puissant.
Mais celui-ci n’a aucune envie de le voir réussir et ne cesse de lui mettre des bâtons dans les roues. Et la jeune fille terrifiée se cache. Insensible à la corruption morale et financière, l’inspecteur devra plonger dans les bas-fonds de Managua, il y rencontrera des personnages hauts en couleur, d’anciens camarades de lutte devenus clochards, une religieuse laïque et combattive, et même un charognard de compagnie.
Cette aventure nous révèle ce qu’Ortega a fait du Nicaragua. Sergio Ramírez utilise avec brio un humour sans pitié et un désespoir compréhensible.

Evaluation :

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